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Paris: le rassemblement "Nuit debout" interrompu

Les manifestants de "Nuit debout" se réunissent tous les soirs place de la République depuis le 31 mars

Les manifestants de "Nuit debout" se réunissent tous les soirs place de la République depuis le 31 mars - BFMTV

La place de la République a été évacuée, ce dimanche soir, à la suite de violences entre les forces de l'ordre et des casseurs. Des heurts qui ont interrompu le rassemblement "Nuit debout".

Alors que "Nuit debout" vient de fêter son premier mois d'existence, l'habituel rassemblement sur la place de la République à Paris a été interrompu, ce dimanche soir, à la suite d'incidents impliquant de jeunes "casseurs" signalés auparavant lors du défilé du 1er mai.

Jets de projectiles sur les CRS, poubelles et cagettes incendiées, les individus ont même tenté de mettre le feu à l'une des entrées de la station République. Ce lundi matin encore, les grilles de cette bouche de métro étaient abaissées.

L'entrée principale de la station République a subi les ravages du feu
L'entrée principale de la station République a subi les ravages du feu © BFMTV

Les casseurs ont aussi descellé des pavés et des plaques de fonte qu’ils ont lancés sur les vitrines et les forces de l’ordre, obligeant ces dernières à répliquer à coup de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Il a fallu près d’une heure et demie avant que le calme ne revienne. 

Ces individus violents étaient bien préparés. Masqués par des foulards pour ne pas être identifiés, des projectiles plein les sacs à dos, ils ont même pris en chasse des policiers en civil. Les CRS ont réussi à interpeller deux personnes.

Les violences à répétition tueront-elles "Nuit debout"?

Ces violences interviennent dans un climat social de plus en plus tendu. Entre les heurts qui éclatent lors des manifestations contre la loi Travail et les débordements à répétition lors des "Nuits debout", ces mobilisations se font sous haute surveillance policière. 

Ce dimanche Jean-Luc Mélenchon déclarait: "au rythme où on va, quelqu'un va mourir, parce que la violence dans les manifestations est chaque fois plus élevée". Un point sur lequel l'a rejoint Thierry Solère, pour qui ces "débordements monstrueux" laissent présager qu'il "va y avoir un mort, soit dans les rangs de la police, soit dans celui des manifestants".

Le député LR, tout comme de nombreuses personnalités de l'opposition veulent que le gouvernement mette fin à l'occupation de la place de la République par le mouvement contestataire.

Les forces de l'ordre ont usé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule
Les forces de l'ordre ont usé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule © BFMTV

De plus en plus controversé, "Nuit debout" survivra-t-il à ces attaques? Il y plusieurs jours déjà, la Gazette debout, le journal du mouvement citoyen, regrettait "des violences qui discréditent le mouvement".

Par ailleurs, la question de son avenir reste entière. Si "Nuit debout" s'est implantée dans des dizaines de villes pour faire "peur à l'oligarchie", beaucoup de participants refusent de l'inscrire au sein du système politique.

De violents affrontements ont opposé forces de l'ordre et casseurs
De violents affrontements ont opposé forces de l'ordre et casseurs © BFMTV
M.-C.M. avec Julien Migaud Muller, Antoine Corver et Timothée Leblanc