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SNCF: 53% des Français souhaitent voir le gouvernement aller au bout de la réforme

Une courte majorité de Français veut que le gouvernement aille au bout de la réforme SNCF

Une courte majorité de Français veut que le gouvernement aille au bout de la réforme SNCF - GERARD JULIEN / AFP

Une courte majorité de Français dit vouloir que le gouvernement aille au bout de la réforme de la SNCF. Néanmoins, des doutes persistent quant aux réels effets de celle-ci sur la dette de la compagnie ferroviaire ou l'amélioration du service, selon le nouveau sondage "L'Opinion en direct" de l'institut Elabe pour BFMTV.

Alors que le conflit social se poursuit à la SNCF, l’opinion semble pencher légèrement du côté du gouvernement. 53% des Français estiment ainsi que l’exécutif doit aller au bout de sa réforme, selon le nouveau sondage "L’Opinion en direct" dirigé par l’institut Elabe pour BFMTV. C’est quatre points de plus qu’il y a deux semaines. À l’inverse, 46% des sondés veulent que le gouvernement modifie sa réforme en tenant compte des contestations. Le pourcent restant est sans opinion.

Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon restent les plus favorables à une modification de la réforme en prenant en compte les contestations (73%), bien que ce résultat est en baisse (-5). Même chose du côté des électeurs de Benoît Hamon qui sont 57% à souhaiter que le gouvernement écoute les revendications des syndicats. Un chiffre en chute de 21 points.

L’électorat de Marine Le Pen est plus partagé: 52% (+5) sont pour le maintien de la réforme et 47% sont contre. À droite, près de quatre électeurs de François Fillon sur 5 (74%, +1) sont pour que le gouvernement affiche sa fermeté. Naturellement, les électeurs d’Emmanuel Macron souhaitent en grande majorité (77%, +8) que l’exécutif aille au bout.

Le soutien à la grève s’essouffle

S’agissant de la grève menée par les cheminots depuis le début du mois d’avril, les Français soutiennent de moins en moins le mouvement. Seuls 37% d’entre eux y sont favorables (-3), parmi lesquels 20% disent le soutenir et 17% éprouvent de la sympathie à son égard. À l’inverse, ils sont 48% à contester la mobilisation. Un essoufflement qui s’explique notamment par la forte baisse du soutien et la sympathie envers le mouvement des Franciliens (-17), particulièrement impactés par la grève.

Par ailleurs, les jeunes de 18 à 24 ans sont plus nombreux à soutenir les mobilisations des cheminots (42%) que les personnes âgées de 65 ans et plus (31%). Aussi les personnes issues des classes aisées sont-elles majoritairement défavorables au mouvement social (52%, -11). Bien plus que les personnes issues de milieux populaires (35% d’opposition, +3).

Alors que les cheminots disent agir pour défendre l’intérêt général et une certaine conception du service public, plus de six Français sur dix (62%) estiment que les grévistes de la SNCF se mobilisent avant tout pour défendre leurs propres intérêts. 12% des sondés pensent néanmoins que les grévistes veulent défendre un service ferroviaire de qualité et 25% défendre à la fois leurs intérêts et un service de qualité.

Un doute sur les effets de la réforme

Si les Français sont de plus en plus nombreux à soutenir le gouvernement, ils doutent en revanche des effets de la réforme. En effet 56% des Français estiment qu’elle permettra de réduire la dette de la SNCF. Un chiffre en hausse de 3 points. Mais, seuls 16% des sondés (-1) disent en être tout à fait sûrs et 40% (+4) plutôt sûrs. À l’inverse, ils sont 43% à penser que la dette ne sera pas réduite.

Le scepticisme des Français est encore plus visible en ce qui concerne la baisse des prix des billets. Ainsi, 68% des Français (+4) pensent que les tarifs ne diminueront pas malgré l’ouverture à la concurrence. Ils ne sont que 8% à être tout à fait sûrs de la baisse des prix.

Les Français sont enfin partagés sur l’amélioration des services. 51% (+1) estiment que le service de la SNCF sera de meilleur qualité, une fois la réforme mise en œuvre et 50% (+1) pensent que l’état du réseau ferroviaire sera amélioré.

P.L