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Manif pour tous: Au moins 100.000 manifestants dans les rues

La Manif pour tous a repris du service dimanche à Paris et à Lyon.

La Manif pour tous a repris du service dimanche à Paris et à Lyon. - -

La Manif pour Tous contre la "familiphobie" a mobilisé 500.000 personnes à Paris et 40.000 à Lyon, selon les organisateurs; 80.000 dans la capitale et 20.000 à Lyon selon la police.

La Manif pour Tous réussit toujours à mobiliser. Après de nombreux défilés l'an dernier pour s'opposer au mariage pour tous, les défenseurs d'une vision traditionnelle de la famille ont battu le pavé à Paris et Lyon dimanche contre la "familiphobie" du gouvernement. Une manifestation que vous avez pu suivre en direct sur BFMTV.com à laquelle beaucoup de familles avec poussettes participaient.

Comme souvent les chiffres donnés par les organisateurs et la police sont très différents. 500.000 personnes se sont rassemblées sous un soleil radieux à Paris et 40.000 à Lyon, selon les organisateurs. Ils étaient 80.000 dans la capitale et 20.000 à Lyon selon la police. Aucun incident majeur n'était à déplorer au moment de la dispersion en fin d'après-midi.

Leur combat: la "familiphobie" du gouvernement

L'une des revendications de la Manif pour tous est le retrait de L'ABCD de l'égalité, une expérimentation mise en place à l'école pour lutter contre les stéréotypes filles/garçons. Elle dénonce aussi l'ouverture redoutée de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et la gestation pour autrui (GPA), ainsi que le futur projet de loi sur la famille, qui ne prévoit pourtant ni PMA ni GPA.

La présidente du collectif à l'initiative du mouvement a expliqué sur BFMTV qu'ils n'en resteraient pas là et qu'ils poursuivraient à la fois à contester la politique du gouvernement et proposer un autre texte. "Tant qu'il y a aura des projets comme la réduction du congé parental, un projet de coparentalité, le projet de l'ouverture de la PMA aux couples de femmes; nous serons dans la rue et nous serons là aussi pour faire des propositions. Nous sommes en train d'écrire une projet de loi sur la famille", a indiqué Ludovine de la Rochère sur BFMTV.

La porte-parole du gouvernement a balayé sur BFMTV les revendications de la Manif pour tous, les qualifiants d'imaginaires. PMA, GPA, "théorie du genre": "Quand vous mettez bout à bout chacune des revendications, il est difficile d'y répondre tant ça ne correspond à rien", a appuyé Najat Vallaud-Belkacem.

L'UMP et le FN dans les rangs des manifestants

Si l'UMP n'appelait pas manifester, le parti d'opposition était représenté par certains de ses cadres. Parmi eux, les irréductibles Hervé Mariton, Philippe Gosselin, Claude Goasguen ou encore Henri Guaino qui hésitait encore à venir dimanche matin.

"Que madame Bertinotti (ministre de la Famille ndlr) arrête de nous donner des leçons, de nous dire que la famille avec une mère et un père c'est out, c'est le passé", a lancé sur BFMTV le député UMP Hervé Mariton, présent dans le cortège à Lyon. "Que les Français qui respectent la famille traditionelle cessent d'être méprisés par le gouvernement".

Le Front national était également mobilisé avec la présence de la député Marion Maréchal Le Pen.

Il y avait bien entendu le Parti chrétien-démocrate avec son ancienne présidente. "J'en ai ras-le-bol de ce gouvernement, des impôts et des mensonges sur le chômage", s'est emporté Christine Boutin sur BFMTV.

Dimanche, Harlem Désir, premier secrétaire du PS, a dénoncé les "manipulations" et "mensonges" des organisateurs de la "Manif pour tous" avec "le soutien irresponsable de plusieurs parlementaires UMP". Visant "jour de Colère", mais s'exprimant le jour de la "Manif pour Tous", l'ex député PS Julien Dray a de son côté appelé la gauche à une "réaction" face au "bloc réactionnaire", imité en cela par David Assouline, porte-parole du PS, qui a souhaité dimanche sur BFMTV une grande manifestation de la "France de la fraternité."

Pas de débordement en fin d'après-midi

Une semaine après "Jour de colère", la crainte de débordements était forte. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, avait averti qu'il n'en tolérerait aucun et un important dispositif de sécurité avait été déployé.

Aucun incident majeur n'était à déplorer en fin d'après-midi alors que le cortège commençait à se disperser.

Douze militants du mouvement étudiant d'extrême droite GUD (Groupe Union Défense) ont été arrêtés dans l'après-midi après-midi à Paris alors qu'ils s'apprêtaient à rejoindre le cortège.

K. L.