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Grève des taxis: le ton se durcit

Les chauffeurs de taxis ont multiplié les blocages dans la nuit de mardi à mercredi.

Les chauffeurs de taxis ont multiplié les blocages dans la nuit de mardi à mercredi. - -

Les taxis, qui protestent contre une concurrence déloyale des VTC, ont durci le ton, mardi soir, en appelant à une grève nationale reconductible alors qu'un médiateur a été nommé par Matignon.

Les taxis ne décolèrent pas. Les syndicats de taxis ont durci le ton, mardi soir, en appelant à une grève nationale reconductible pour protester contre une législation qu’ils jugent trop avantageuse pour les véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), alors que le gouvernement a nommé un conciliateur pour parvenir à une "concurrence équilibrée". BFMTV.com fait le point.

> 64 gardes à vue

Dans la nuit de mardi à mercredi, les chauffeurs de taxis ont multiplié les blocages à Paris. Et parmi eux, 110 ont été interpellés par la police qui est passée à la manière forte pour déloger les grévistes.

D'après la préfecture, 64 chauffeurs ont été placés en garde à vue cette nuit pour "délit d'entrave à la circulation et refus de dispersion après sommations suite à un attroupement" et 3 d'entre eux l'étaient toujours ce mercredi matin, à 7 heures.

> Les taxis de province en renfort

Dans les rues de Paris, les taxis ne faiblissent pas. Les chauffeurs ont multiplié les blocages, dans la nuit de mardi à mercredi, à la place de la Concorde puis à la gare de Lyon notamment. A Orly, environ 200 voitures bloquaient toujours la desserte de l'aéroport et la prise en charge des clients. Par ailleurs, les chauffeurs de taxis prévoient ouvertement l’arrivée de renfort de taxis depuis la province, ce mercredi.

Comme en 1789... Les taxis en colère Place de la Concorde veulent prendre le Palais d'assaut... pic.twitter.com/tUh38r3zwh
— Charlie Renault (@Charlie_Renault) 11 Février 2014

Les premiers taxis de province arrivent
— Taxis Parisiens (@Taxis_FR) 11 Février 2014

> Et maintenant?

Un médiateur a été nommé par Matignon, ce mardi. Et l'homme qui a la lourde tâche de réconcilier les taxis et leurs nouveaux concurrents, les voitures de tourisme avec chauffeurs (VTC), s'appelle Thomas Thévenoud. Le député PS de Saône-et-Loire a pour mission de "définir les conditions durables d'une concurrence équilibrée entre les taxis et les VTC".

En clair, le député doit engager une concertation avec les représentants des taxis, des VTC, des moto-taxis et des pouvoirs publics, pour comprendre les contraintes techniques, économiques, réglementaires et concurrentielles pesant sur les différents acteurs.

Invité de RMC ce mercredi, le député PS reconnaît qu'il faut changer la loi. "Il faut trouver un système qui, juridiquement, ne soit pas bancal, concède Thomas Thèvenoud. "Il faut inventer un système où chacun puisse vivre de son travail. Il ne faut pas s'interdire d’évoluer le système".

Pour rappel, l'intersyndicale des taxis, à l'origine de la manifestation lundi contre la concurrence des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), a appelé mardi à "une grève reconductible" jusqu'à "l'arrêt des immatriculations de VTC".

Elle "se réserve le droit de mener des actions en tous lieux et à tous moments".

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