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Ecotaxe: cinq portiques incendiés, le rapport de force continue en Bretagne

Des manifestants en Bretagne regardent un portique écotaxe partir en flammes.

Des manifestants en Bretagne regardent un portique écotaxe partir en flammes. - -

En Bretagne, les "bonnets rouges" continuent leurs démonstrations de force pour protester contre l'écotaxe suspendue mardi par le gouvernement. Ils s'en prennent en priorité aux portiques mis en place pour collecter la taxe.

Avec celui-ci, ça en fera cinq. En Bretagne, cinq portiques écotaxes ont été rendus inopérants après avoir été visés par des manifestants qui protestent contre cette taxe sur les poids lourds. La dernière vandalisation en date a eu lieu dimanche vers 15h15, à Lanrodec dans les Côtes d'Armor, au lendemain d'une manifestation qui a réuni 15.000 à 30.000 personnes à Quimper contre l'écotaxe et pour l'emploi en Bretagne.

Une borne écotaxe avait déjà été partiellement incendiée samedi soir sur une route nationale près d'Avesnes-sur-Helpe (Nord), et mise hors service, a indiqué dimanche la gendarmerie, confirmant une information du site internet de La Voix du Nord. Cette borne, située sur la RN2, sur la commune d'Avesnelles, a été incendiée samedi aux alentours de "20 heures-20h30", à l'aide de pneus, qui ont été trouvés à proximité, a-t-on indiqué de même source. Une enquête a été ouverte pour "dégradations par incendie", selon cette source, qui précise qu'il s'agit du premier incendie de ce type dans le département du Nord, situé en zone gendarmerie.

Un dialogue de sourds

Pour les syndicats c'est un dialogue de sourds qui s'est peu à peu installé. Pour Nadine Hourdant de FO la mesure à prendre est simple: "enlever tous les portiques sur l'ensemble du territoire" afin d'éviter ces confrontations. Du côté du Medef, tout en soutenant du bout des lèvres ces actions, on reste circonspect quant à destruction de biens publics. Rappelons-le, le gouvernement n'a pas annulé la taxe poids lourds, il l'a seulement suspendue mardi dernier.

Du côté des politiques, on rappelle, à droite comme à gauche, que ce n'est pas le principe même de l'écotaxe qui est en cause, mais sa mise en œuvre qui est prise en défaut. Pour l'UMP, le gouvernement a agi trop tardivement et a laissé s'installer "le ras-le-bol" chez des "patrons et des ouvriers, des agriculteurs et des marins-pêcheurs". Pour l'ancien ministre UMP des transports, Dominique Bussereau, "si le gouvernement s'y était pris un peu plus vite on n'en serait pas là. Le gouvernement s'est mis dans une impasse".

L'ancien ministre UMP Xavier Bertrand, lui, pointe un autre problème qui concerne la collecte de la taxe: "Vous avez une taxe qui doit rapporter à peu près 1,2 milliard d'euros et il y a 250 millions d'euros pour la perception, pour la collecte", explique-t-il, dans une allusion au contrat passé par le précédent gouvernement avec la société Ecomouv, chargée de la collecter. "Un impôt, je suis désolé, il doit être collecté par l'Etat", a-t-il lancé.

David Namias avec AFP et Julie Guillot