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Les agressions sexuelles en nette hausse depuis janvier

Une campagne contre le harcèlement est lancée dans les transports franciliens

Une campagne contre le harcèlement est lancée dans les transports franciliens - IDF Mobilités

Depuis le mois de janvier, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 15.460 affaires de violences sexuelles, soit une augmentation de 15,4% par rapport à la même période l'an dernier. Un phénomène encore plus important à Paris.

Est-ce l'effet #BalanceTonPorc ou #MeToo? Incontestablement pour les experts. Le nombre de viols, agressions ou harcèlement sexuels recensés et et donc dénoncés aux forces de l'ordre a nettement augmenté en France par rapport à l'an dernier. Depuis le mois de janvier, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 15.460 faits de violences sexuelles, soit une augmentation de 15,4% par rapport à la même période l'an dernier. Soit 170 affaires par jour.

Selon les chiffres des services de la police, de la gendarmerie et de la préfecture de police de Paris, 4805 plaintes pour viols ont été enregistrées au premier trimestre 2018. L'an dernier, à la même époque, il y en avait eu 4.264, selon les données publiées par Le Figaro. Le nombre d'atteintes sexuelles, attouchements, exhibitions, frottements..., est passé de 3166 à 3.448 faits, soit une hausse de 8,9%. Ce sont toutefois les cas d'harcèlement sexuel qui connaissent la plus forte augmentation: de 5959 cas à 7207, ils grimpent de 20,9%.

Une hausse importante à Paris

Ce phénomène est particulièrement plus important à Paris, où les maires d'arrondissement ont demandé à la préfecture de police de leur fournir les statistiques régulièrement. En trois mois, il y a déjà eu 608 affaires de violences sexuelles, soit une augmentation de 29%. Un chiffre qui se comprend notamment par les atteintes sexuelles commises dans les transports en commun. Ainsi, les Franciliennes représenteraient 60% des femmes métropolitaines victimes d'atteintes sexuelles dans les transports, relevait en décembre l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Une campagne de sensibilisation a d'ailleurs été lancée en mars dernier. 

Ces chiffres s'explique par "un double phénomène", estime, dans Le Figaro, Christophe Soullez, le directeur de l'ONDRP. Il y a "certainement, des comportements moins acceptés qu'avant et donc plus souvent dénoncés", avance l'expert. La seconde explication de cette augmentation s'expliquerait également par "une plus grande précision du Logiciel de rédaction des procédures de la police nationale (LRPPN) qui permet de mieux définir dans quelle rubrique reporter l'infraction".

Une hausse réelle des actes de violences sexuelles n'est toutefois pas à ignorer, notamment dans certains quartiers. Toujours selon le quotidien, "tous les professionnels de la sécurité s'accordent à dire que la violence tend à se 'banaliser', particulièrement dans certains quartiers où le statut de la femme reste un sujet épineux". En octobre 2017, plus d'une Française sur deux déclarait avoir été victime de violences sexuelles, que ce soit agression ou harcèlement sexuels. Les femmes sont d'ailleurs 10 fois plus exposées que les hommes aux insultes sexistes, selon une note datant de mars de l'ONDRP.

Justine Chevalier