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Une campagne contre le harcèlement sexuel dans les transports lancée en Ile-de-France

Une campagne contre le harcèlement est lancée dans les transports franciliens.

Une campagne contre le harcèlement est lancée dans les transports franciliens. - IDF Mobilités

Pour sensibiliser les voyageurs au harcèlement sexuel dans les transports, une large campagne de publicité est lancée en Ile-de-France. L'objectif est aussi de faire connaître le numéro d'urgence qui permet de donner l'alerte.

"Ne minimisons jamais le harcèlement sexuel". Depuis ce lundi matin, ce message s'affiche en gros dans les couloirs du métro et du RER en Ile-de-France. La région Ile-de-France, associée à la RATP et à la SNCF lance une campagne destinée à sensibiliser au harcèlement dans les transports, qui touche 87% des voyageuses, selon une enquête de la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut).

En tout, près de 11.000 affiches vont être déployées sur les réseaux RATP et SNCF Transilien. Elles représentent des femmes, s'accrochant à une barre du métro menacées par des prédateurs, tantôt un ours, un requin ou un loup. Le tout est surmonté du message "Ne minimisons jamais le harcèlement sexuel. Victimes ou témoins, donnez l'alerte".

Campagne harcèlement transports
Campagne harcèlement transports © IDF Mobilités

Le 3117 pour donner l'alerte

L'enjeu est notamment d'inciter les passagers à réagir lorsqu'ils assistent à des faits de harcèlement et à ne plus les banaliser. Selon l'étude de la Fnaut réalisée en 2016, 46% des femmes interrogées se sont retrouvées dans une situation où elles n'ont pas réagi ou n'ont pas pu réagir. Cette réaction passe notamment par le numéro d'alerte, le 3117 par téléphone ou 31177 par SMS. Ce numéro d'urgence permet d'alerter de n'importe quel danger dans les transports, y compris des faits de harcèlement. 

La campagne de publicité rappelle les autres outils à utiliser par les voyageuses et les voyageurs pour signaler une situation de harcèlement comme les bornes d'appel. Depuis 2016, tous les agents RATP en contact avec les voyageurs reçoivent également une formation dédiée à la prise en charge des victimes de harcèlement. 

Jusqu'à 5 ans de prison pour les frotteurs

Des dépliants vont par ailleurs être déployés dans les gares pour rappeler que le harcèlement sexuel est un délit. Jusqu'à 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende sont encourus en cas de baisers forcés, mains aux femmes, frottements ou autres agressions sexuelles. 

Cette campagne lancée dans les transports, suit notamment une large mobilisation autour d'une pétition dénonçant les "frotteurs du métro" qui a réuni près de 60.000 signatures à ce jour. 

Dans un communiqué, Marlène Schiappa, Secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes a salué ces actions. "Ces actions viennent compléter efficacement l'action menée par le gouvernement", souligne-t-elle. Un rapport parlementaire remis la semaine dernière au gouvernement préconise la création d'une contravention d'outrage sexiste et sexuel, assorti d'une amende de 90 euros

Carole Blanchard