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L'oncle de deux enfants français retenus en Syrie dépose plainte contre la France

Femmes et enfants retenus dans le camp d'Al Hol, en Syrie, le 28 mars 2019.

Femmes et enfants retenus dans le camp d'Al Hol, en Syrie, le 28 mars 2019. - GIUSEPPE CACACE / AFP

La France refuse de rapatrier la nièce et le neveu d'Amine Elbahi, détenus avec leur mère dans un camp au Kurdistan syrien. Il a déposé plainte contre la France devant la Commission Européenne pour non-respect des droits de l'enfants.

Amine Elbahi a reçu ce mercredi matin des nouvelles de sa nièce (2 ans) et de son neveu (4 ans) détenus avec leur mère dans le camp d'Al-Hol en Syrie. Le garçon, Abdal-Rahman, a perdu beaucoup de poids, mais les équipes de Médecin sans frontières (MSF) n'ont pas été en mesure d'effectuer un diagnostic, faute de matériel. Les conditions de vie dans le camp fragilisent de plus en plus sa santé, pourtant l'État français refuse de le rapatrier avec sa soeur. Le Roubaisien vient de déposer une plainte contre la France devant la Commission européenne.

Sous l'autorité parentale de la mère

Frère d'une Française condamnée à 30 ans de prison par défaut en France pour avoir rejoint Daesh, il interpelle les autorités depuis des mois pour faire rentrer en France sa nièce et son neveu, qui restent inflexibles sur leur position: les enfants sont sous l'autorité parentale de leur mère, la France ne rapatrie que les mineurs orphelins ou isolés de moins de 5 ans. Cette position lui a été rappelée dans une réponse reçue fin avril de l'Elysée faite à un nouveau courrier d'Amine Elbahi.

Le "cynisme" du gouvernement

Une réponse "cynique" s'énerve auprès de BFMTV.com l'oncle des deux enfants:

"Il y a dans ce courrier une forme de mépris et de cynisme à l'égard des enfants. Quand est-ce qu'Emmanuel Macron va prendre ses responsabilités ?"

Il a donc déposé plainte devant la Commission européenne pour violation de la charte des droits fondamentaux de l'enfant et espère que la Cour de justice de l'Union européenne sera saisie du dossier. Ce recours s'ajoute à celui effectué devant la Cour européenne des droits de l'Homme (qui n'a pas encore rendu son arrêt) et à celui devant le tribunal administratif de Paris, qui s'était déclaré incompétent en avril dernier.

Dimanche, 12 mineurs isolés ou orphelins ont été remis à la France par les autorités kurdes. L'aide sociale a l'enfance (ASE) se prépare depuis plusieurs mois à leurs prises en charge. Amine Elbahi espère donc qu'il en sera bientôt de même pour sa nièce et son neveu. "Le gouvernement joue sur les peurs mais de toute façon, les Kurdes n'en veulent plus", tranche-t-il.

Esther Paolini