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Syrie: les Kurdes remettent à la France 12 orphelins de familles jihadistes

Une dizaine d'enfants orphelins qui se trouvaient dans des campas kurdes ont été remis à la France.

Une dizaine d'enfants orphelins qui se trouvaient dans des campas kurdes ont été remis à la France. - AFP

Des enfants qui se trouvaient dans des camps kurdes du nord-est de la Syrie ont été remis à la France. Selon nos informations, 14 enfants ont été rapatriés, 12 Français et 2 Néerlandais. Leur avion a atterri à la mi-journée à l'aéroport de Villacoublay.

C'est la deuxième opération de ce genre en trois mois. Douze enfants français, en très bas âge, ont été remis dimanche à la France par les autorités kurdes en Syrie, a appris BFMTV de sources concordantes. Ces enfants, orphelins, isolés ou vulnérables, vivaient jusqu'alors dans des camps du nord-est du pays. Un avion militaire français a été affrété pour leur rapatriement ainsi que celui de deux enfants de nationalité néerlandaise, à la demande d'Amsterdam. L'appareil a atterri à la mi-journée à l'aéroport de Villacoublay, à l'ouest de Paris.

"La décision a été prise au regard de la situation de ces jeunes enfants particulièrement vulnérables", précise le quai d'Orsay dans un communiqué.

Le fils d'un condamné à mort en Irak

Les 12 enfants rapatriés ce lundi en France sont âgés entre 1 et 12 ans. Parmi eux figure le fils, âgé de 3 ans, d'un des jihadistes français condamnés à mort en Irak, Yassine Sakkam. Cet homme, originaire de Lunel, dans l'Hérault, a eu ce petit garçon avec une femme qui a quitté la France en 2015 en amenant avec elle sa fille, née d'une précédente union, alors âgée de 5 ans. Cette femme se trouve toujours dans l'un des camps du nord-est de la Syrie. Elle a donné son accord pour que ses deux enfants soient rapatriés en France. Une autre fratrie de deux enfants a également été rapatriée.

A leur arrivée en France, les enfants ont été pris en charge dans une structure hospitalière où ils sont examinés tant sur le plan médical que sur le plan psychologique. Ils seront ensuite pris en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE) dans le cadre d'une ordonnance de placement provisoire, valable 10 jours. Avant le terme de ce délais, un juge doit statuer sur leur avenir après avoir organisé une audience. Les familles de ces enfants, notamment les grands-parents, peuvent être invités à se présenter à cette audience. Le magistrat décidera ensuite de leur capacité à accueillir ces enfants qu'il rencontrent parfois pour la première fois.

5 orphelins déjà rapatriés en mars

Le 15 mars, cinq enfants de jihadistes, des orphelins isolés âgés pour le plus vieux de 5 ans et qui se trouvaient dans des camps du nord-est de la Syrie, ont été rapatriés en France. Il s'agit de trois frères, âgé de 1, 3 et 5 ans, orphelins de leur mère. Deux autres fillettes de 5 ans ont également été prise en charge. Le 8 mai, la ministre des Armées, Florence Parly, avaient annoncé qu'il y aurait "très probablement" d'autres rapatriements.

Ce nouveau rapatriement a été réalisé dans des conditions plus difficiles: certains responsables des camps nord-est refusent en effet que les enfants soient renvoyés en France, précise une source proche du dossier.

A la fin du mois de mai, la Commission nationale consultative des droits de l'homme a exhorté la France à rapatrier les enfants de jihadistes. Cette commission, dont l'avis est consultatif, a estimé, dans un courrier adressé au Premier ministre Edouard Philippe, que le gouvernement négligeait les intérêts de ces enfants et ne respectait pas les exigences auxquelles la France a souscrit. Elle jugeait également la politique au cas par cas, mise en place par les autorités, d'"insuffisante".

Sarah-Lou Cohen avec Justine Chevalier