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La justice administrative rejette la demande de rapatriement de deux familles françaises retenues en Syrie

Des enfants entourés des Forces armées kurdes à Baghouz, en Syrie, le 5 mars 2019 - BULENT KILIC / AFP

Des enfants entourés des Forces armées kurdes à Baghouz, en Syrie, le 5 mars 2019 - BULENT KILIC / AFP - -

La justice administrative a refusé le rapatriement de familles françaises retenues en territoire syrien, ce mardi. Deux femmes retenues dans un camps syrien avec leurs enfants demandaient à ce que le ministère des Affaires étrangères soit contraint de les rapatrier, au nom du "droit à la vie" et de la "protection de l'intérêt de l'enfant".

Le tribunal administratif de Paris a rejeté, ce mardi, les deux demandes de rapatriement de ressortissantes françaises et de leurs enfants mineurs retenus dans le camp de Roj situé en Syrie, a-t-on appris ce mardi du tribunal administratif de Paris. Les avocats des familles ont d'ores et déjà annoncé leur intention de faire appel de cette décision devant le Conseil d’état, a fait savoir l'un des conseils à BFMTV. 

Le tribunal administratif de Paris planchait, ce mardi, sur les requêtes en urgence déposées par les avocats de deux Françaises retenues dans un camp en Syrie avec leurs enfants, qui veulent contraindre l'Etat à les rapatrier en France.

Ces deux dossiers, défendus lors d'une première audience publique le 2 avril, avaient été renvoyés par une juge des référés pour être examinés ce lundi devant une formation collégiale.

Aucun rapatriement global prévu

Les avocats de ces deux femmes, retenues dans le camp de Roj, avec chacune trois enfants, âgés de un an et demi à huit ans, demandent à la justice administrative d'obliger le ministère des Affaires étrangères à les rapatrier, au nom du "droit à la vie" et de la "protection de l'intérêt de l'enfant".

Le gouvernement français refuse en effet de faire revenir ses ressortissants, jihadistes et épouses de jihadistes, affiliés à Daesh, et n'accepte de ramener les enfants qu'au "cas par cas". Cinq orphelins ont ainsi été rapatriés le 15 mars et une fillette de trois ans, dont la mère a été condamnée à la perpétuité en Irak, l'a été le 27 mars.

Un plan de rapatriement global

Me Vincent Brengarth, qui défend ces deux femmes au côté de Me Bourdon, a souligné que des documents, révélés la semaine dernière par Libération et dont l'AFP a eu connaissance, témoignaient du fait que les autorités françaises avaient préparé un plan très détaillé de rapatriement global de jihadistes français de Syrie et de leurs familles.

Celui-ci n'a toutefois pour l'heure pas été mis en oeuvre. Ce sont ces révélations qui avaient poussé Me Nabil Boudi, avocat de deux mineurs retenus dans le camp d'Al-Hol, à déposer lui aussi un référé-liberté devant le tribunal administratif de Paris.

Jeanne Bulant avec AFP