BFMTV

Interdiction de la fessée: que font nos voisins?

Un projet de loi présenté par le MoDem propose d'interdire la fessée (PHOTO D'ILLUSTRATION).

Un projet de loi présenté par le MoDem propose d'interdire la fessée (PHOTO D'ILLUSTRATION). - Loic Venance - AFP

Après la Suède en 1979, plus de cinquante pays interdisent aujourd'hui les châtiments corporels contre les enfants. Les conséquences de cette législation, bien que difficile à appréhender, sont encourageantes.

VEO. Ces trois lettres sont sur toutes les lèvres à l’Assemblée nationale ce jeudi. Derrière cet acronyme se cachent les “violences éducatives ordinaires” plus connu dans le langage courant comme la fessée. La députée MoDem Maud Petit défend ce jour un projet de loi visant à l’interdire. OMS, ONU, Unicef… La plupart des institutions internationales plaident pour cette interdiction. Actuellement, seuls un tiers des pays ont suivi cette recommandation.

Suède, pays pionnier

Dès 1979, la Suède prend le pas, en devenant le premier pays à interdire les châtiments corporels envers les enfants. Une loi entrée dans les moeurs, puisque 93,4% des Suédois approuvent “l’idéal d’une éducation sans violence”, selon l’étude de 2012 «Impact en Europe de l'interdiction des châtiments corporels» des chercheurs Bussmann, Kai-D, Claudia Erthal, et Andreas Schroth. Un constat, impossible sans une “campagnes intensives d’accompagnement” et de communication, précise l’étude.

En 2018, 53 pays interdisent la fessée

Depuis, de nombreux pays ont emboîté le pas au modèle suédois, à commencer par les voisins scandinaves (La Finlande en 1983, la Norvège en 1987). Une législation comparable se retrouve ensuite dans la majorité des pays européens, comme l’Allemagne en 2000.

À l’échelle internationale en revanche, cette interdiction ne se retrouve que dans 53 pays. Ni les États-Unis, ni le Royaume-Uni ou le Canada n’interdisent les châtiments corporels. En 2004, la Cour suprême canadienne avait d’ailleurs établi que la punition corporelle était légale si, notamment, “l’usage de la force [était] raisonnable”.

Quel résultat ?

Peu d’études globales ont été faites permettant d’attester, ou non, que l’interdiction des châtiments corporels a des effets bénéfiques pour la vie de l’enfant. Une étude publiée en 2018 par Elgar FJ, Donnelly PD, Michaelson V fournis néanmoins des résultats encourageants. Avec un échantillon de plus de 400.000 adolescents à travers 88 pays, les chercheurs ont constaté une baisse de 20% des rixes entre garçons dans les pays interdisant la fessée.

En 2012 également, la professeure Durrant expliquait qu’en Suède, entre 1979 et 1995, la consommation d’alcool et de drogue avait baissé significativement chez les jeunes. Les travaux de la chercheuse ont également mis en lumière une chute de la délinquance, en témoignent les condamnations pour vol en baisse de 20%.

Esther Paolini