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"Il suffoquait": le père du petit garçon mort d'une forme proche de la maladie de Kawasaki témoigne

Les parents ont annoncé leur décision de porter plainte contre l'hôpital.

Le 8 mai dernier, un petit garçon de 9 ans est mort à l'hôpital La Timone, à Marseille, après avoir "été en contact" avec le coronavirus et présenté des symptômes proches de ceux de la maladie de Kawasaki. Il s'agit du premier cas mortel en France, après le décès d'un garçon au Royaume-Uni, alors que 135 cas de ce syndrome, peut-être lié au Covid-19, ont été recensés dans l'Hexagone depuis le 1er mars, selon le dernier recensement de la Direction Générale de la Santé transmis à BFMTV. 

"Tout a commencé trois ou quatre jours avant sa mort", témoigne le père de la jeune victime sur notre antenne. "ll avait une forte fièvre, il ne mangeait pratiquement pas et vomissait beaucoup. Il avait aussi une forte diarrhée et des boutons rouges étaient apparus sur tout son corps."

Face à ces symptômes, le père de la victime emmène son fils aux urgences pédiatriques. Selon le professeur Fabrice Michel, chef du service de réanimation pédiatrique, le jeune garçon présente alors "un tableau clinique comparable à celui d'une scarlatine". Il est renvoyé à la maison avec une ordonnance et des antibiotiques. 

"Il suffoquait"

Au retour des urgences, l'état du petit garçon s'empire subitement. 

"Nous sommes rentrés à la maison et ma femme a voulu lui faire couler un bain. Le petit a commencé à avoir la tête qui partait en arrière et les yeux qui tournaient. Il est devenu inconscient", explique son père. "Quand je suis arrivé, mon fils commençait à suffoquer."

"Je le tenais dans mes bras et je voyais bien qu'il avait du mal à respirer. Le temps d'enfiler mes chaussures, j'ai senti tout son corps se relâcher dans mes bras. Nous avons immédiatement appelés le Samu et les pompiers."

En contact avec le coronavirus

Dans la soirée du 2 mai, le garçon est admis au service de réanimation pédiatrique de la Timone. Le diagnostic de la maladie de Kawasaki est alors posé rapidement grâce des signes cardiaques remarqués sur un électrocardiogramme. On découvre alors, grâce à un test sanguin, que l'enfant a été "en contact" avec le coronavirus dans les semaines précédentes, sans en développer les symptômes.

L'enfant meurt à l'hôpital une semaine après, le 8 mai. "Le médecin m'a expliqué que le décès était dû à une période où son cerveau n'a pas été oxygéné", témoigne son père, qui assure que son fils était en excellente santé, sans antécédent médical.

"Cela aurait pu être évitable"

"Sa mort aurait peut-être pu être évitée s'il était resté à l'hôpital la première fois", regrette t-il. Les parents ont annoncé leur décision de porter plainte contre l'hôpital. 

Perrine Baglan, Laura Cadeau et Pierre Corrieu avec Cyrielle Cabot