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"Il n'y a jamais eu un cri à bord": les marins rescapés de la SNSM racontent le naufrage

Emmanuel Macron participe ce jeudi à une cérémonie à la mémoire des trois sauveteurs de la SNSM décédés la semaine dernière dans le naufrage de leur bateau.

"On se connaissait tous et on savait, quand tous les carreaux ont pété, que ça n'allait pas le faire". Une semaine après le naufrage qui a coûté la vie à trois sauveteurs de la SNSM aux Sables-d'Olonne, les marins rescapés racontent le drame qu'ils ont vécu.

Vendredi dernier, en pleine tempête Miguel, l'équipage répond à l'appel de détresse d'un pêcheur. Mais à quelques centaines de mètres des côtes, sous la violence des vagues, les vitres de l'embarcation explosent. Le canot de la SNSM commence à embarquer de l'eau.

"On avait 1,5 mètre d'eau. Je poussais la porte avec mon épaule. Christophe était à côté de moi et on tenait la porte fermée pour ne pas re-remplir d'eau. Et dès que le coup de mer était passé, on rouvrait", se remémore David Bossard, un des quatre rescapés.

Aucun cri à bord

Le navire continue néanmoins à prendre de la gîte avant de se coucher. L'eau entre alors dans les moteurs et dans les circuits électriques. "C'était plus possible, le bateau n'était plus manœuvrant", constate Christophe Monnereau. Malgré cette situation désespérée, tout le monde à bord semble garder son calme. "Il n'y a jamais eu un mot", se rappelle Christophe.

"Personne n'a hurlé de toute l'intervention. Il n'y a jamais eu un cri à bord. Rien. On était à notre place", poursuit David.

Plusieurs des sauveteurs sont finalement éjectés du navire et se retrouvent à la mer. "Je suis resté à côté du bateau où j'ai retrouvé David et mon fils qui, lui, est resté coincé sous le bateau mais a réussi à se dégager", raconte Christophe.

"On est vraiment balloté par les flots, on ne nage pas. C'est la mer qui fait son travail et nous amène où elle veut. Au début, on se dit 'on va réussir'. Et arrive un moment où on se dit qu'on ne va pas réussir", continue le marin.

Décorés de la Légion d'honneur

Les sauveteurs arrivent pourtant à rejoindre le rivage. "Mes pieds ont touché le sol, dans les roches. Là, ça a été un soulagement", confie David. "Mais de quelques secondes parce que je voyais Christophe qui courrait parce qu'il avait vu Dimitri allongé par terre. Moi, je me suis retourné et j'ai vu le bateau qui arrivait retourné dans les roches", explique le sauveteur de la SNSM.

"Comment on peut être là aujourd'hui nous ? Et on a subi la même chose qu'eux…", s'interroge David. "Mais on a eu cette putain d'étoile qui nous a brillé à un moment donné. J'espère qu'elle restera au-dessus de ma tête celle-là".

Les quatre marins rescapés et leurs collègues disparus recevront ce jeudi la Légion d'honneur lors d'une cérémonie d'hommage aux Sables-d'Olonne présidée par Emmanuel Macron. Lundi, 15.000 personnes avaient participé à une marche silencieuse en mémoire aux trois marins morts. 

Benjamin Rieth