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SNSM: qui sont ces sauveteurs, "anges gardiens de la mer"?

Des sauveteurs de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) le 4 juillet 2013 à Calais

Des sauveteurs de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) le 4 juillet 2013 à Calais - Denis Charlet - AFP/Archives

Marins aguerris, bénévoles disponibles 7j/7, pas toujours connus du grand public, les sauveteurs en mer sont surnommés les "anges gardiens de la mer".

Reconnaissables à leur veste orange, mobilisables 24h/24, 7 jours sur 7, ils sont surnommés les "anges gardiens de la mer". Vendredi, alors que la tempête Miguel frappait la côte Atlantique, une navette de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), avec sept sauveteurs à bord, est intervenue pour secourir un bateau de pêche. Mais leur embarcation a chaviré, et trois d'entre eux sont morts.

Les sauveteurs en mer, peu connus du grand public, ont été qualifiés de "héros anonymes, les héros du sauvetage en mer", vendredi par François de Rugy, le ministre de la Transition écologique, quelques heures après le drame.

Plus de 3000 sauveteurs embarqués bénévoles

Actuellement, il y a 3350 sauveteurs embarqués en France, selon le site de la SNSM. Ils interviennent "jusqu'à 20 milles nautiques de la côte à partir de 218 stations" sur les littoraux français.

"Les sauveteurs embarqués sont tous bénévoles et ne reçoivent aucune rémunération pour les activités de sauvetage qu’ils exercent au sein de la SNSM", précise le site.

Pour assurer leurs missions de sauvetage et de surveillance, les rangs de la SNSM comptent en tout près de 8000 bénévoles, et 70 salariés.

Qui peut devenir sauveteur?

"Vous devez être en bonne forme physique et posséder ou acquérir un certain nombre de qualifications" pour devenir sauveteur embarqué, explique la SNSM. Il faut avant tout pouvoir embarquer en 20 minutes maximum en cas d'alerte, être âgé d'au moins 18 ans, ou de maximum 66 ans révolus. C'est ensuite le patron de la station qui forme un équipage en fonction de ses besoins.

"Ces bénévoles il faut qu'ils soient formés, et ils sont formés, d'abord parce que souvent ce sont des marins", a expliqué Xavier de la Gorce, président de la SNSM, samedi matin lors d'une conférence de presse. Mais "vous pouvez avoir un sapeur-pompier qui est formé en tant que marin, et puis vous avez des marins tout court qui sont formés au sauvetage".

"Un sauveteur quand on dit 'faut y aller' il y va, c'est aussi ça la noblesse de l'engagement", a continué Xavier De la Gorce, soulignant le courage des sauveteurs morts en mer vendredi. Ces trois marins de métier, sauveteurs bénévoles, ont pris la mer sans hésiter alors qu'une violente tempête rendait leur mission dangereuse.

Quelles sont ses missions?

Les principales missions des sauveteurs embarqués sont les recherches en mer, l'assistance de navires en difficulté, l'évaluation de l'état des personnes à secourir puis les premiers soins avant le rapatriement des naufragés sur la terre ferme. Étant donné leur formation au secourisme, ils peuvent également remplir des missions de sécurité civile en cas de besoin.

"Ce sont des bénévoles qui laissent tout tomber - famille, occupation, profession - pour partir en moins de dix minutes sur les bateaux oranges pour aller porter secours aux plaisanciers et aux professionnels de la mer", explique Gilles Rochette, patron de la vedette de Cros-de-Cagnes, à BFMTV.

Selon la SNSM 9000 personnes ont été secourues en 2017 par ces bénévoles. Samedi matin, lors d'une conférence de presse, Xavier de la Gorce a dressé un parallèle entre les sauveteurs, les deux membres du commando Hubert morts au Burkina Faso en sauvant deux touristes et les pompiers qui ont éteint l'incendie ravageant la cathédrale Notre-Dame de Paris.

"Les pompiers de Notre-Dame ne se sont pas posé de question, il fallait y aller, ils y sont allés. Les sauveteurs [en mer], c'est la même chose"

Une exception française

Dans nos organisations françaises, la SNSM "est un modèle d'exception", explique également Xavier De la Gorce. Cette mission de surveillance chapeautée par les préfectures maritimes est en effet "assumée par des bénévoles, c'est ça qui fait cette singularité du modèle français".

Cette organisation vit d'ailleurs grâce aux dons. En décembre dernier, la SNSM de La Rochelle lançait d'ailleurs un appel aux financements pour changer les deux moteurs de sa vedette tombée en panne, raconte France Bleu. Une dépense de 400.000 euros. Du 28 au 29 juin, un appel aux dons national est également lancé pour toutes les stations, appelé le MILLE SNSM.

Pour contacter ces sauveteurs bénévoles, le numéro d'alerte est le 196 depuis un téléphone, et en mer le canal 16 par VHF, la fréquence internationale de détresse.

Salomé Vincendon