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Interdire les sorties en mer par mauvais temps? Une proposition "pas réaliste" pour la SNSM

Navette des sauveteurs en mer échouée sur une plage des Sables d'Olonne à la suite d'un chavirage vendredi 7 juin

Navette des sauveteurs en mer échouée sur une plage des Sables d'Olonne à la suite d'un chavirage vendredi 7 juin - Sebastien Salom-Gomis - AFP

C'est la question polémique au lendemain du drame, et qui interroge après la mort de trois sauveteurs dans l'Atlantique, à la recherche d'un pêcheur a priori parti en mer en pleine tempête.

Vendredi, alors que la tempête Miguel frappait la côte Atlantique, une navette de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), avec sept sauveteurs à bord, est intervenue pour secourir un bateau de pêche en difficulté. Mais leur embarcation a chaviré, et trois d'entre eux sont morts.

La tempête Miguel a en effet été particulièrement violente vendredi sur le littoral atlantique, avec des rafales soufflant jusqu'à 120 km/h. Le pêcheur n'a pas été retrouvé, seuls quelques débris de son bateau l'ont été.

Depuis le drame, des critiques se font entendre sur la dangerosité de partir en mer par mauvais temps. Il était "toujours un petit peu inconscient", " c'était un challenge de partir en mer pour lui", témoignent sur BFMTV des personnes qui connaissaient le pêcheur disparu. Mais il ne lui était pas interdit de prendre la mer, même au milieu d'une tempête.

Interdire les sorties en mer "n'est pas aujourd'hui réaliste"

Interdire de sortir en mer "c'est un peu un réflexe de terrien, et encore, on n'a jamais interdit à un automobiliste de sortir alors qu'il y avait de la neige ou du verglas" a déclaré Xavier de la Gorçe, président de la SNSM, lors d'une conférence de presse samedi matin.

"La mer, c'est d'abord un espace de liberté", continue le président. "Outre que ce serait très difficile à mettre en oeuvre ce serait complètement contraire à la culture des gens de mer."

Selon lui, le curseur serait compliqué à établir car "des marins aguerris peuvent sortir par force 3, 4, 5", et des marins moins bien préparés "peuvent se retrouver en difficulté par beau temps". Interdire les sorties en mer "n'est pas aujourd'hui réaliste" pour Xavier de la Gorçe.

"À part essayer de le dissuader de prendre la mer, nous ne pouvons pas faire grand-chose", déclarait déjà le porte-parole du préfet maritime de Brest Riaz Akhoune en 2017 au Télégramme, après plusieurs avaries de bateaux de plaisanciers sur la côte atlantique.

De simples recommandations des autorités

Aujourd'hui, ce sont surtout des recommandations qui existent. Le gouvernement conseille notamment en cas de tempête de "s'éloigner des bords de mer et des lacs", "d'annulez les sorties en mer ou en rivière", "d'arrêter les activités de loisirs en plein air" et de rester chez soi.

Des messages de prévention avaient également été diffusés par les autorités locales le jour de la tempête. "Soyez particulièrement prudent lors de vos déplacements et activités extérieures notamment sur le littoral", écrivait la préfecture de la Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde vendredi. La préfecture maritime de l'Atlantique déconseillait elle toute sortie en mer.

Pour éviter les drames, les autorités locales ont mis en place une campagne de prévention intitulée "Sécurité Loisirs Nautiques". Les différentes branches de surveillances et de sauvetages en mer (dont la SNSM) y déclarent leur détermination à venir en aide aux personnes en difficulté, mais soulignent en fin de vidéo "ce n'est pas parce que nous sommes là qu'il faut être imprudent en mer".

Rien que depuis le 31 mai, la préfecture maritime d'Atlantique a publié sur Twitter six alertes concernant des personnes en détresse sur la côte, à la suite de chavirages ou pour des individus coincés par les marées.

Salomé Vincendon