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Mort de trois sauveteurs de la SNSM: le récit bouleversant des rescapés

"On essayait tant bien que mal d'écoper l'eau qui était à l'intérieur, mais un déferlante est venue et nous a couchés" a raconté Christophe Monnereau, rescapé du chavirage qui a causé la mort de trois sauveteurs vendredi.

"Le bateau était incontrôlable." Partie pour secourir un pêcheur en mer, une navette de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) a chaviré, en fin de matinée vendredi, à cause des fortes rafales de vent causées par la tempête Miguel. Trois sauveteurs sont morts, et quatre ont réussi à réchapper du chavirage, atteignant les côtes à la nage. Très émus, deux d'entre eux ont témoigné lors d'une conférence de presse ce samedi matin.

"Les vitres ont cassé et après le bateau n'était plus manoeuvrable", a témoigné Christophe Monnereau représentant local de la SNSM. "On essayait tant bien que mal d'écoper l'eau qui était à l'intérieur, mais voilà... Un déferlante est venue et nous a couché", a-t-il raconté. "Le bateau était incontrôlable."

"On a eu de la chance de revenir"

Si lui et ses collègues ont survécu, c'est notamment parce qu'ils se trouvaient sur le pont de l'embarcation. "On a été éjecté", raconte-t-il, "malheureusement les trois autres étaient à l'intérieur" de la navette. Les quatre personnes qui ont réussi à s'enfuir sont rentrées à la nage: "on est rentré dans l'eau et on a réussi à revenir, on a eu de la chance de revenir", témoigne Christophe Monnereau, au bord des larmes.

"On a eu une putain d'étoile hier. Et eux ils l'ont pas eu", a témoigné, très ému, David, bénévole SNSM, lui aussi rescapé. 

Interrogés sur la mort de "leurs collègues", ils rectifient "ce sont des copains". Proches des familles des victimes, Christophe Monnereau assure: "On restera proches d'eux, on va les accompagner et on sera toujours avec eux."

"Ce n'était que des professionnels"

Les deux sauveteurs ont assuré que l'équipage au complet était d'accord pour partir en mer réaliser ce sauvetage, même par temps mauvais. "Ce n'est pas une décision individuelle du patron, c'est une décision collective", a assuré le représentant local SNSM. "A aucun moment il n'y a eu de la part de personne, ni un cri ni rien", a raconté David, même lorsque les carreaux ont explosé.

"L'équipage qu'il y avait hier, ce n'était que des professionnels, tout s'est déroulé comme ça devait se dérouler", a-t-il martelé, "Je ne laisserai personne remettre en cause une fausse manoeuvre de notre part."

S'il ne reprendra pas la mer dès demain, Christophe Monnereau a déclaré qu'il comptait continuer son activité de sauveteur.

Salomé Vincendon