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Gilets jaunes: inquiétudes sur la mobilisation de samedi, avec un possible retour des casseurs

Christophe Castaner a affirmé ce vendredi que les "casseurs" seraient au rendez-vous samedi, alors que de nombreux appels à un "ultimatum 2", principalement dans la capitale, ont été lancés sur les réseaux sociaux.

60 000. C’est le nombre de policiers et gendarmes qui seront mobilisés dans toute la France ce samedi, pour la 23ème journée de manifestation des gilets jaunes, a annoncé Christophe Castaner. Leur but : "assurer la sécurité des Français et garantir la liberté de manifester sans danger", selon le ministre de l’Intérieur.

Lors d’une conférence de presse ce vendredi, Christophe Castaner a également affirmé que "les casseurs seront de nouveau au rendez-vous" et aurait selon lui pour but de "reproduire le 16 mars". Pour rappel, des boutiques des Champs-Élysées avaient été saccagées et incendiées par des casseurs lors de cette 18ème journée de mobilisation des gilets jaunes.

  • Un "ultimatum 2" à Paris?

À Paris, plusieurs secteurs tels que les Champs-Élysées ou les abords de Notre-Dame seront interdits aux manifestations samedi, mais le ministre de l’Intérieur craint tout de même de nombreux débordements dans la capitale et en région, alors que de nombreuses pages Facebook appellent à un "ultimatum 2" samedi, après "l’ultimatum 1" qui s’était tenu le 16 mars dernier.

"Acte 23 Ultimatum 2 Appel National Et International Tous A Paris", "Acte 23: Paris Ultimatum Et Révolte Du Peuple !", "RDV à l’Elysée"... Beaucoup de groupements de gilets jaunes appellent à faire de Paris la capitale du mouvement ce samedi.

Des groupes de région ont également lancé des appels pour se regrouper dans la capitale lors de cette 23ème journée de mobilisation, via des pages Facebook intitulées "Acte 23 Ultimatum: Le Grand Sud Envahit Paname !" ou encore "Acte 23 - Ultimatum 2 - Toute la Normandie à Paris !".

  • Deux manifestations interdites à Paris 

Le 28 mars, Eric Drouet, figure controversée du mouvement des "gilets jaunes", avait déjà appelé à une mobilisation de grande ampleur le 20 avril, une fois le grand débat terminé. Dans une vidéo, il interpellait le président de la République et le ministre de l'Intérieur en leur demandant “d’organiser la sécurité” de la manifestation.

Le préfet de police de Paris a par ailleurs annoncé avoir interdit deux manifestations, dont le trajet initial prévoyait un départ depuis le secteur de Bercy, dans l'est de la capitale pour rejoindre les Halles ou la place de l'Etoile.

  • Toulouse, Montpellier, Bordeaux

Lors de sa conférence de presse ce vendredi, Christophe Castaner a également déclaré que les "casseurs" seraient aussi présents dans d’autres villes françaises, "à Toulouse, à Montpellier, à Bordeaux". De nombreux événements Facebook pour manifester en province - dans ces villes et dans d'autres - à destination des gilets jaunes ne désirant pas se rendre à Paris ont en effet été créés.

Samedi 13 avril, lors de la 22ème journée de mobilisation des gilets jaunes, Toulouse avait été le centre du mouvement. De nombreux débordements et incidents avaient eu lieu.

  • L'inconnue Notre-Dame

La situation risque d’être d’autant plus tendue samedi qu’il s’agira du premier jour de manifestation des gilets jaunes depuis l’incendie de Notre-Dame. Alors que de nombreuses entreprises et familles de milliardaires françaises ont d’ores et déjà promis des centaines de millions d'euros de dons pour aider à la reconstruction de la cathédrale, de nombreuses voix s’élèvent, notamment chez les gilets jaunes, pour dénoncer la rapidité avec laquelle ces grandes fortunes promettent de telles sommes d’argent à l’heure où le pays connaît une crise sociale et politique de grande ampleur. 

Le préfet de police Didier Lallement a affirmé ce vendredi que les projets de rassemblement de "gilets jaunes" aux abords de Notre-Dame relevaient de la "pure provocation".

À noter qu’Emmanuel Macron, qui devait s’adresser aux Français en début de semaine pour présenter des mesures prises par le gouvernement à la suite du Grand débat national, n’a finalement pas pris la parole en raison de l’incendie qui a frappé la cathédrale. Le président de la République n’a donc toujours pas fait d’annonce en réponse aux demandes des gilets jaunes, qui commencent à s'impatienter.

Juliette Mitoyen