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Après le retard des annonces de Macron, les gilets jaunes s'impatientent

Les gilets jaunes réunis sur les Champs-Elysées le 24 novembre.

Les gilets jaunes réunis sur les Champs-Elysées le 24 novembre. - LUCAS BARIOULET / AFP

Comme Ingrid Levavasseur, les gilets jaunes appellent le président à "revenir à la réalité", malgré le traumatisme de l'incendie de la cathédrale de Notre-Dame.

Après cinq mois de contestation, certains gilets jaunes espéraient enfin être entendus par l'exécutif. Ils l'ont peut-être été, mais il faudra patienter pour le savoir, après le report des annonces d'Emmanuel Macron à la suite de l'incendie survenu à la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Un retard qui fait grincer des dents au sein des manifestants.

"Revenir à la réalité"

Sur notre antenne, l'une des figures historiques du mouvement, Ingrid Levavasseur, fait part d'une "colère naissante qui monte" et "d'une boule au ventre en train d'enfler" dans les rangs des gilets jaunes:

"Lorsque l'incendie a pris à Notre-Dame de Paris, il était censé expliquer les nouvelles réformes aux Français. Je comprends et je compatis à cette douleur (...), j'aimerais juste qu'on revienne à la réalité", déclare-t-elle.

L'aide-soignante souhaite "qu'on approfondisse les choses", notamment sur les services publics, en citant l'exemple des "fermetures de maternité". Elle veut également qu'Emmanuel Macron précise sa position sur les fermetures de classes: "Des suppressions de classes sont déjà prévues en septembre. Vont-elles être annulées? Comment ça va se passer?", s'interroge-t-elle à notre micro. 

Se servir d'un événement dramatique

Un scepticisme partagé par des gilets jaunes sur les ronds points, par exemple en Seine-Maritime, où plusieurs d'entre eux se sont confiés à RMC.

"C'est pas le moment ? Je pense qu'il y a des millions de Français en attente des résultats du grand débat", lance l'un d'entre eux. Il fait également part de sa déception après le discours de six minutes prononcé mardi soir par le Président: "Il se sert d'un événement dramatique pour faire croire à une union nationale", s'emporte-t-il. 

"Il ne pleure pas sa France qu'il voit partir en vrille"

Sylvie, une autre gilet jaune, partage leurs points de vue:

"Je comprends la douleur des gens. Même moi je suis catholique. Qu'on pleure un monument ok, mais il ne pleure pas sa France qu'il voit partir en vrille."

Des insatisfaits qui pourraient ainsi répondre présents à l'invitation du député La France insoumise François Ruffin. Sur les réseaux sociaux, ce dernier a proposé lundi une "reconquête des ronds points par le barbecue" le samedi 4 mai, "pour les deux ans" de l'élection à l'Élysée d'Emmanuel Macron.

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