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Gilets jaunes: 142 interpellations à Paris, dont 19 gardes à vue

Annoncé à Versailles, le plus gros rassemblement des gilets jaunes en région parisienne se tient finalement à Paris. Eric Drouet, une des figures du mouvement, fait partie des personnes arrêtées. La situation a commencé à se tendre sur les Champs-Elysées aux alentours de 17h.

2000 gilets jaunes défilaient dans Paris ce samedi à 18h, selon les informations de BFMTV. Ils se sont rassemblés dans un premier temps en plusieurs lieux de la capitale, tenus secrets et révélés vers 9 heures du matin. Aux alentours de 10 heures, une centaine d’entre eux se sont donnés rendez-vous devant le Sacré-Cœur à Montmartre, une destination annoncée sur un groupe Facebook par Eric Drouet, l'une des figures du mouvement.

Les gilets jaunes ont entamé leur rassemblement par une Marseillaise tandis que d'autres manifestants rejoignaient au compte-goutte les personnes déjà présentes. Sans gilet jaune apparent, ils ont enfilé leur célèbre signe de ralliement une fois sur place pour éviter tout soupçon. La configuration du quartier de Montmartre, un dédale de petites rues souvent en pente, aurait pu rendre difficile le travail des forces de l'ordre, mais le rassemblement s’est tenu dans le calme. Un autre groupe s'était rassemblé à proximité place Pigalle avant d'entamer une marche dans les rues parisiennes, parcourant une partie du 9e arrondissement de la capitale avant de rejoindre le 8e, à proximité de l'église de la Madeleine.

Tensions sur les Champs-Elysées

Sur les Champs-Elysées, le groupe de gilets jaunes qui a passé la journée sur l'avenue parisienne dans le calme a été rejoint par plusieurs centaines d'autres manifestants, qui sont arrivés par l'avenue de Friedland, aux alentours de 17h. Ils ont tous décidé de descendre l'avenue des Champs-Elysées jusqu'à la place de l'Etoile.

La situation s'est tendue lorsque plusieurs manifestants s'en sont pris aux groupes de CRS présents au milieu de l'avenue. Ces derniers ont été obligés de faire demi-tour pour ne pas être pris pour cibles. Depuis, des gendarmes mobiles accompagnés de chiens ont pris possession des lieux. Ils tentent de repousser les manifestants à coups de gaz lacrymogène, de flash-ball et de canons à eau. 

Tout autour de l'avenue des Champs-Elysées, les commerçants ont rangé leurs terrasses et fermé leurs grilles pour que personne ne rentre. Certains clients sont confinés dans les magasins. Les touristes et les Parisiens venus faire leurs courses de Noël ont déserté le quartier, alors que de nombreux manifestants ont enlevé leurs gilets jaunes pour faire diversion en se fondant dans la masse. 

Les policiers ont évacué les Champs-Elysées vers 20h, et la circulation a été à nouveau ouverte aux automobilistes.

142 interpellations

Selon plusieurs gilets jaunes, l'appel à se rassembler à proximité du Château de Versailles était une fausse piste pour les policiers et les journalistes. En conséquence, cinq voitures de police et quelques CRS étaient à Montmartre au début du rassemblement, tandis que de nombreux effectifs étaient mobilisés à Versailles où seulement une dizaine de protestataires se trouvaient sur place à 10 heures. 

Le dispositif de sécurité était considérablement allégé à Paris, où 17 unités soit 1225 CRS et gendarmes mobiles sont présents. À 18h, 142 personnes avaient été interpellées, parmi elles, Eric Drouet, l'une des principales figures du mouvement. 19 personnes ont été placées en garde à vue selon la Préfecture de police. La plupart des interpellations l'ont été "pour des attroupements en vue de commettre des violences", a précisé à l'AFP une source policière.

Le groupe lié à la mobilisation des gilets jaunes de samedi
Le groupe lié à la mobilisation des gilets jaunes de samedi © Capture d'écran via Facebook

La mobilisation en baisse

Les annonces du président de la République, votées par le Sénat vendredi soir, n'ont pas calmé la colère de certains groupes de gilets jaunes, alors que le mouvement s'essouffle à quelques jours de Noël et après plus d'un mois de mobilisation. Depuis le pic du 17 novembre et les 282.000 manifestants recensés, la mobilisation est en baisse. Ils étaient 166.000 "gilets jaunes" à manifester le 24 novembre, puis 66.000 le 15 décembre dans tout le pays.

Des blocages sont malgré tout prévus un peu partout en France. Dans le Sud, des gilets jaunes tentaient de bloquer la frontière espagnole tandis qu'en Gironde, le mouvement envisage des "actions économiques", comme le blocage de centres commerciaux.

Guillaume Dussourt et Céline Penicaud