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Essoufflés, les gilets jaunes espèrent encore mobiliser à trois jours de Noël

Des "gilets jaunes" lors d'une manifestation à Bordeaux, le 15 décembre 2018

Des "gilets jaunes" lors d'une manifestation à Bordeaux, le 15 décembre 2018 - GEORGES GOBET, AFP/Archives

Alors que la mobilisation des gilets jaunes semblent s'essouffler à quelques jours de Noël, environ 600 gilets jaunes se sont réunis à Montmartre, à Paris, tandis que d'autres blocages se poursuivent ailleurs en France.

À trois jours de Noël, les gilets jaunes peinent à mobiliser leurs troupes pour un sixième samedi consécutif de manifestations. Annoncé à Versailles, le plus gros rassemblement des gilets jaunes en région parisienne s'est tenu finalement à Montmartre après un appel au rassemblement lancé sur la page facebook d'Eric Drouet, l'une des figures du mouvement. A 11 heures, plusieurs dizaines de "gilets jaunes" y étaient rassemblés. Le groupe a ensuite commencé à parcourir les rues de la capitale depuis le Sacré-Cœur pour une marche surprise.

En arrivant vers la gare Saint-Lazare, quelques tensions sont apparues avec les forces de l'ordre en début du cortège mais celui-ci a pu continuer son chemin, non loin des grands magasins 

Plusieurs milliers de personnes s'étaient déclarées "intéressées" par une manifestation à Versailles, sur l'avenue de Paris, juste en face du château. Seule une vingtaine de gilets jaunes sont finalement arrivés sur l'avenue, au milieu d'un important dispositif policier. Selon plusieurs gilets jaunes, l'appel à se rassembler à proximité du Château de Versailles était une fausse piste pour les policiers et les journalistes. 

A Paris, la circulation était normale sur les Champs-Elysées à 10 heures, avec une présence discrète des forces de l'ordre. Contrairement aux cinq samedis précédents, la circulation était possible place de la Concorde.Sur les Champs, les cafés et restaurants ont déployé normalement leurs terrasses et la quasi-totalité des magasins exhibait leur vitrine. Seules quelques boutiques de luxe sont restées fermées. Les commerces parisiens, qui doivent accueillir de nombreux clients avant Noël, ont été "invités à faire preuve de vigilance" par la préfecture de police.

Des rassemblements partout en France

Ailleurs en France, plusieurs rassemblements ont été organisés. Plus de 300 "gilets jaunes" bloquent ainsi une bretelle d'autoroute au niveau du Boulou, près de la frontière espagnole. En milieu de matinée, des dizaines de militants séparatistes catalans, vêtus eux aussi de gilets jaunes et brandissant le drapeau indépendantiste, se sont joints aux manifestants français. Ils avaient bloqué vendredi quelques axes routiers entre les Pyrénées-Orientales et la Catalogne.

La semaine dernière, environ 69.000 membres des forces de l'ordre avaient été déployés, dont 8.000 à Paris, appuyées par des véhicules blindés à roues de la gendarmerie. Ces véhicules blindés seront à nouveau mobilisés samedi, a fait savoir l'Intérieur. Ils sont "positionnés" à Toulouse, Bordeaux et dans les Bouches-du-Rhône et "en alerte" à Paris. Des manifestations sont aussi organisées à Lyon, à Orléans ou en Bretagne, notamment.

Mobilisation en baisse

La mobilisation est néanmoins en baisse. Ils étaient 166.000 "gilets jaunes" à manifester le 24 novembre, 136.000 les 1er et 8 décembre et 66.000 le 15 décembre. Et le ministère de l'Intérieur a décompté 3.680 "gilets jaunes" jeudi, soit l'étiage le plus bas depuis le début de ce mouvement né en réaction à une hausse prévue des taxes sur les carburants - que le gouvernement a depuis annulée. Quelque 200 ronds-points font encore l'objet d'occupations et doivent être évacués, a aussi précisé une source proche du dossier.

Les mesures "gilets jaunes" sur le pouvoir d'achat
Les mesures "gilets jaunes" sur le pouvoir d'achat © Marie ALBERT, AFP

Feu vert du parlement pou des mesures d'urgence

"On attend d'autres propositions sur l'augmentation du pouvoir d'achat, la revalorisation des retraites, les handicapés, il n'en a pas parlé, et surtout l'emploi", expliquait vendredi Christian, un gilet jaune toulousain, pas convaincu par les mesures de l'exécutif pour apaiser la crise.

Vendredi, le Parlement a donné son feu vert à des mesures d'urgence économiques et sociales: défiscalisation des heures supplémentaires, exonération élargie de hausse de CSG pour des retraités et possibilité pour les entreprises de verser une "prime exceptionnelle" de 1.000 euros, exonérée de toutes cotisations sociales et d'impôt sur le revenu, pour leurs salariés rémunérés jusqu'à 3.600 euros.

Guillaume Dussourt avec AFP