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Face au Covid-19, ces Français qui ont choisi de s'auto-confiner avant Noël

Vitrine de Noel. (photo d'illustration)

Vitrine de Noel. (photo d'illustration) - GEOFFROY VAN DER HASSELT © 2019 AFP

Certains médecins le recommandent: s'isoler plusieurs jours avant les fêtes de fin d'année pour ne pas prendre le risque de contaminer ses proches.

Faut-il s'auto-confiner avant Noël? Alors que la situation sanitaire n'évolue pas aussi favorablement qu'espéré, certains et certaines envisagent ainsi de s'isoler avant les fêtes de fin d'année. C'est d'ailleurs ce qu'a recommandé Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l'hôpital Saint-Louis (APHP). Selon cette spécialiste, un auto-confinement "pendant les sept jours précédant" les retrouvailles familiales serait à privilégier, recommandait-elle sur France 2, en plus du respect des gestes barrière le jour J.

Même son de cloche du côté de l'infectiologue Gilles Pialoux, ce jeudi matin sur BFMTV-RMC, qui a conseillé de faire "un auto-confinement la semaine qui précède les fêtes" et de faire un test PCR avant de voir sa famille.

"Un petit sas de sécurité"

C'est ce que va faire Pauline*, une directrice de crèche de 35 ans, qui a prévu de s'isoler avec son époux et leurs deux enfants avant de rejoindre ses parents et son frère pour les fêtes de Noël. "Nous sommes en vacances dès le vendredi 18, comme les enfants, témoigne-t-elle auprès de BFMTV.com. L'idée de ce petit sas de sécurité, c'est de prendre toutes les précautions possibles."

Une quarantaine pour la petite famille d'une durée de six jours sans voir personne d'autre, avant que la jeune femme, qui réside dans l'Essonne, et sa famille ne se retrouvent - en principe - dans leur résidence secondaire du Nord le 24 décembre. En contact quotidien avec des professionnels de l'enfance, des enfants et leurs parents, Pauline envisage même de se faire tester avant de retrouver les siens.

"Mais bon, on se dit que ce n'est pas forcément très intelligent et utile d'aller encombrer les laboratoires qui sont déjà surchargés. On a aussi pensé au test antigénique, mais il est peu fiable quand on n'a pas de symptômes. Dans tous les cas, on ne fera pas tester les enfants, mon fils n'a même pas 2 ans. Par contre, si l'un d'entre nous présente des symptômes d'ici là, il n'est pas exclu qu'on change nos plans."

Les pharmacies et laboratoires s'attendent en effet à une vague de tests avant les fêtes de fin d'année et craignent de ne pas pouvoir garantir des résultats en 24 heures.

Selon un récent sondage Ifop, près de trois personnes interrogées sur dix projettent ainsi de se faire dépister. C'est pour cela que le président du syndicat national des biologistes a appelé à ne se faire tester qu'en cas de symptômes.

Noël en visio

Pour Imane Adimi, psychologue clinicienne et psychothérapeute, l'auto-confinement représente l'une des différentes stratégies pour s'adapter à cet épisode inédit.

"Qui aurait cru qu'on en viendrait à avoir peur de se faire la bise alors que l'année dernière, à la même époque, on entendait à peine les bruissements d'un nouveau virus en Chine? Qui aurait cru qu'on n'oserait plus se prendre dans les bras et que le simple fait de se voir puisse entraîner une telle culpabilité avec le risque de transmission?", observe-t-elle.

C'est pour cela que cette psychologue encourage à s'écouter, à écouter ses craintes et à prendre les décisions pour les fêtes de fin d'année "dans la bienveillance et l'empathie". Elle explique ainsi que certains de ses patients, trop anxieux dans le contexte sanitaire actuel, voire fragilisés par la précarité, ont préféré reporter les retrouvailles en famille. D'autres ont opté pour un Noël en visio.

"L'une de mes patientes qui avait l'habitude de retrouver toute sa famille élargie dans une maison louée chaque année dans une ville différente a préféré annuler. D'autres m'ont dit qu'ils vont préparer un buffet avec des petites tables aux quatre coins de la pièce pour éviter la grande tablée. C'est important que chacun trouve sa bonne méthode en fonction de ses capacités matérielles et psychiques."

Une certitude: le Père Noël

Mais rien n'est encore certain. Car les autorités laissent en effet planer le doute quant à un allègement du confinement pourtant prévu au 15 décembre prochain. Et l'exécutif ne cache plus son pessimisme vis-à-vis de l'évolution de la situation sanitaire alors que le cap des 5000 contaminations quotidiennes semble s'éloigner - quelque 14.500 nouveaux cas ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures en France. Plusieurs pistes sont ainsi envisagées, dont un couvre-feu qui pourrait être mis en place dès 20 heures.

Face à ces incertitudes, Pauline a quant à elle préféré ne pas préciser à sa fille âgée de 5 ans les modalités des festivités - si elles avaient lieu, elles se feraient tout de même dans le respect des recommandations officielles puisqu'ils ne seront que cinq adultes et deux enfants à table. "Je ne voudrais pas qu'elle soit déçue de ne pas voir ses grands-parents et son oncle, notamment si les déplacements entre les régions devaient être suspendus", anticipe Pauline.

Si cette enfant "comprend" que cette année, un virus chamboule le quotidien et empêche certains événements, il y a néanmoins une chose dont la fillette est certaine: le Père Noël, sans doute l'une des seules personnes au monde qui ne craignent pas le Covid-19, assurera bel et bien sa tournée de cadeaux.

Le témoin marqué d'une * a souhaité n'être présenté que par son prénom.

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV