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Covid-19: les biologistes s'inquiètent d'une vague de tests "de confort" avant Noël

Une file d'attente devant un laboratoire - Image d'illustration

Une file d'attente devant un laboratoire - Image d'illustration - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

De nombreuses voix s'élèvent afin que les laboratoires puissent continuer d'accueillir de la meilleure manière possible les malades symptomatiques du coronavirus, alors que de nombreux Français envisagent de se faire tester par précaution avant de rejoindre leur famille pour les fêtes.

Comment éviter un nouvel engorgement des laboratoires de biologie médicale? En mai, alors que le premier déconfinement venait de débuter, il n'était pas rare de voir de longues files de patients devant ces établissements, attendant parfois plusieurs heures pour obtenir un test PCR.

Une volonté régie par trois critères: des symptômes de coronavirus, la suspicion d'être un cas-contact, mais aussi des dépistages dits "de confort." Les vacances d'été arrivant à grands pas, ces résultats pouvaient en effet être demandés par des compagnies aériennes avant d'embarquer ou par un pays étranger à l'arrivée sur son territoire.

Ne pas engorger les laboratoires

A l'heure actuelle, et alors que les autorités laissent planer le doute quant à un allègement du confinement pourtant prévu à partir du 15 décembre prochain, de telles scènes pourraient de nouveau se reproduire. A l'approche des fêtes de fin d'année, les Français pourraient en effet être tentés de se faire tester avant de retrouver leur famille en toute sécurité. Selon un récent sondage de l'Ifop, 26% des sondés penseraient à se faire dépister avant ces réunions familiales.

A l'antenne d'Europe 1 ce mardi, François Blanchecotte, président du syndicat national des biologistes, a appelé les Français à se responsabiliser pour ne pas saturer les laboratoires, et à ne se faire tester que si l'on est symptomatique.

"Il ne faut pas qu'on soit submergé par des tests que j'appellerais 'de confort'. [...] Il faut distinguer les gens qui ont des symptômes, ceux qui toussent, ont de la fièvre… Ceux-là doivent absolument aller voir un médecin. On peut faire à ce moment-là du test antigénique ou du test PCR", a-t-il rappelé.

Pour lui, l'enjeu est important puisqu'une trop grande demande de tests pourrait bloquer l'activité des laboratoires.

"Nous allons avoir affaire, peut-être, à une vague de demandes de tests tellement importante que les labos et même les praticiens, les officines, n'auront pas la possibilité de faire tous ces tests en même temps", a encore ajouté le président du syndicat national des biologistes.

Vers l'auto-confinement?

Si François Blanchecotte a rappelé que 500.000 à 600.000 tests sont réalisables en France quotidiennement, il a pourtant estimé que le dépistage n'est pas tout le temps nécessaire.

"Pour tous les gens qui sont asymptomatiques, s'ils ont pris toutes les précautions, ont respecté des mesures barrières, il n'y a pas de raison fondamentale de se faire tester", a-t-il encore souligné.

Pour autant, les retrouvailles en famille ne doivent pas se faire sans précautions. En plus des habituels gestes barrières, Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l'hôpital Saint-Louis (APHP), a expliqué au micro de Franceinfo qu'un auto-confinement "pendant les sept jours précédant" des retrouvailles familiales est important.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV