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Couvre-feu, Nouvel an: les pistes de l'exécutif pour revoir l'allègement du confinement prévu le 15 décembre

Fin novembre, Emmanuel Macron avait annoncé l'allègement du confinement à partir du 15 décembre si les contaminations tombaient à 5000 nouveaux cas quotidiens. Mais les courbes semblent pousser le gouvernement à revoir sa copie.

La France sortira-t-elle du confinement comme prévu le 15 décembre? Face à un virus toujours actif à l'approche de Noël, l'exécutif n'exclut pas de modifier ses plans. La perspective d'échouer à atteindre, mi-décembre, le seuil de 5000 cas détectés place le gouvernement face à un dilemme. Car Emmanuel Macron en a fait une condition pour entrer dans la deuxième phase d'allègement des mesures sanitaires, après la réouverture des commerces le 28 novembre.

"Le 15 décembre, si nous sommes bien arrivés autour des 5000 contaminations par jour et environ 2500 à 3000 personnes en réanimation (...) le confinement pourra être levé" et remplacé par des couvre-feux de 21h00 à 6h00, excepté les 24 et 31 décembre, avait promis le chef de l'Etat.

Mais lundi encore, la France enregistrait 11.022 nouveaux cas en 24 heures, avec un taux de positivité qui n'est plus en repli et semble stagner. L'heure est grave, reconnaît auprès de BFMTV une source gouvernementale, qui concède que l'exécutif pensait que la courbe des contaminations baisserait plus rapidement.

"Nous sommes à un plateau. On s'achemine vers quelque chose de plus strict que ce qu'on avait espéré initialement."

A moins d'une semaine de l'échéance choisie par Emmanuel Macron, le gouvernement va-t-il revoir sa copie? "Nous saurons dans les prochaines heures ou prochains jours", a dit Jean Castex ce mardi matin devant les députés du groupe AGIR, s'interrogeant par ailleurs sur la forme que prendra la nouvelle phase de déconfinement, nous confirment des sources parlementaires.

L'idée d'un statu quo n'est pas à l'ordre du jour pour le gouvernement, qui se prépare à donner une suite plus stricte que ce qui avait été annoncé. BFMTV.com fait le point sur les nouvelles pistes envisagées à partir du 15 décembre.

· Un couvre-feu plus tôt que prévu?

Le calendrier prévu fin novembre par le gouvernement prévoyait une mise en place du couvre-feu à partir de 21h00 jusqu'à 6h00 du matin. Mais pour faire face à l'évolution de l'épidémie, le couvre-feu pourrait être avancé... De plusieurs heures.

Le gouvernement s'interroge sur la mise en place d'un couvre-feu dès 17h00 mais cette restriction s'accompagnerait de nombreux désagréments liés à la vie quotidienne comme la fermeture des commerces plus tôt que prévu.

Quid d'un couvre-feu à partir de 19h00? Cette option permettrait de limiter les rassemblements privés, mais est-ce suffisant pour faire baisser la courbe des contaminations? L'exécutif va devoir trancher.

· L'attestation de sortie maintenue?

Censée disparaître à la mi-décembre, l'attestation de sortie en journée pourrait finalement être maintenue. Mais sous quelle forme? Avec quelles dérogations pour permettre la circulation pendant les heures de couvre-feu? La question est posée.

Même si certains conseillers de l'exécutif reconnaissent que cette attestation a un effet essentiellement psychologique, "elle permet de rappeler aux Français qu'on n'est pas encore revenu à la normale et que le déplacement reste l'exception".

La réouverture des salles de spectacles, prévue donc le 15 décembre, pourrait être reportée ou bien aménagée en fonction du couvre-feu. "Des décisions sans doute difficiles à prendre pour le monde de la culture", prévient une source gouvernementale, qui redoute la réaction de ce secteur et une fronde à l'image de ce que le gouvernement a connu avec les commerces dits "non essentiels", ou actuellement avec le secteur de la montagne.

· Un couvre-feu pour le réveillon du jour de l'An?

L'idée avait été défendue par certains avant l'intervention d'Emmanuel Macron: imposer des restrictions le soir du 31 décembre pour empêcher les grands rassemblements festifs publics, comme privés, facteurs de propagation du virus.

Toutefois, lors de son allocution télévisée, le président de la République a décidé d'octroyer des exceptions, avec liberté de circuler pour les réveillons de Noël et du jour de l'An. Mais face aux courbes de l'épidémie qui refusent de s'incliner, la question du maintien d'un couvre-feu pour la nuit du 31 décembre est en pourparlers.

· Limiter les déplacements entre les régions?

Cette hypothèse serait la plus radicale et semble, à ce stade, encore écartée. "Cela reviendrait à interdire aux Français de fêter Noël et ce n'est pas notre objectif", souligne un conseiller ministériel. "Ce serait également nous contredire. On a été beaucoup critiqué sur le manque de visibilité et certaines incohérences. L'exécutif a donné un calendrier assorti d'objectifs à atteindre. On peut ralentir le déconfinement mais difficilement appliquer ce genre de mesures très restrictives avec un problème d'acceptabilité à 15 jours de Noël", poursuit-il.

· Objectif: éviter une troisième vague en janvier

Le gouvernement semble vouloir assumer aujourd'hui des mesures impopulaires pour éviter de faire face, en janvier, à une troisième vague.

"On doit faire passer le message qu'on n'est pas sortis de la crise, qu'il va falloir continuer à faire des efforts, être respectueux des règles. Non, ce ne seront pas des fêtes de Noël comme les autres et il faut rester vigilants sinon, le 20 janvier prochain, on repart pour un tour et on le paiera d'un point de vue sanitaire et politique", avertit une source gouvernementale.

Le Premier ministre Jean Castex, qui aborde la situation "avec gravité et solennité" selon un ministre influent, prendra la parole jeudi, au lendemain d'un nouveau Conseil de défense. Pour de nouvelles annonces.

Jérémy Brossard avec Ambre Lepoivre