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"Elèves musulmans" à Béziers:"Je n'ai jamais parlé de fichage", se défend Robert Ménard

Le maire de Béziers a tenu une conférence de presse mardi après-midi dans sa ville de Béziers pour répondre aux condamnations de la classe politique sur un "fichage" d'élèves musulmans. L'échange avec les journalistes a été tendu et Robert Ménard était sur la défensive, dénonçant "l'hypocrisie d'une gauche qui n'a pas de leçons à donner".

Sur la défensive et très tendu, Robert Ménard a tenu mardi après-midi une conférence à la mairie de Béziers, dans l'Hérault, après ses propos polémiques de lundi soir concernant l'existence d'un "fichage d'élèves musulmans" scolarisés dans la ville dont il est maire. Sur le fond, Robert Ménard s'est défendu de détenir une quelconque "liste". "Je n'ai jamais parlé de fichage. Je dis que le seul fichier aujourd’hui, le seul listing, il est à l’Education nationale. Je n’en ai pas", a-t-il indiqué sans plus de précisions. Il a aussi indiqué qu'il réservait au "juge d'instruction sa réponse", quant à la manière dont ses services ont évalué à 64,6% le nombre "d'élèves musulmans".

Robert Ménard a confirmé avoir été entendu par les policiers et que quatre fonctionnaires qui, selon lui, devraient "avoir d'autres priorités", perquisitionnaient les locaux de la mairie.

Robert Ménard favorable aux statistiques ethniques

Faisant de l'attaque sa meilleure défense, l'ex-président de Reporters sans frontières s'en est pris tour à tour aux journalistes, accusés de mal faire leur travail, et aux politiques, notamment "la gauche hypocrite". "Des dizaines de politiques et des dizaines de journalistes font semblant de ne pas comprendre ce que je n'ai pas dit", s'est-il emporté. "Comment font les maires de gauche qui servent aux enfants des cantines des repas sans porc? Comment s’y prennent-ils?", s’est interrogé l’élu soutenu par le Front national. "La gauche n’a pas de leçons à nous donner et à me donner".

Et de multiplier les exemples: "Quand Martine Aubry affirme en 2012 qu’il y a 35% de Maghrébins à Lille et que c’est génial, elle le sait comment? Au faciès? Quand Jack Lang écrit en 2014 au Premier ministre pour lui dire que les deux tiers des prisonniers en France sont des musulmans, il le sait comment? Par l’opération du Saint-Esprit?"

"Oui, il faut faire des statistiques ethniques. Dans ce pays, on ne peut pas dire la réalité des choses", affirme Robert Ménard.

Une attaque en règle contre Manuel Valls

Le maire de Béziers s'en est pris de manière frontale au Premier ministre: "Je vais me retourner vers monsieur Manuel Valls, je lui demande solennellement de faire voter la loi qu'il voulait déposer en 2009 lorsqu'il était député-maire d'Evry. Cette loi était pour légaliser le comptage ethnique, qu'il le fasse et qu'il tienne ses promesses", a-t-il déclaré.

Puis d'ajouter: "Quand je vois la gauche qui feint de manifester son indignation, il faudrait qu’elle soit un peu plus prudente. Ses chefs, à commencer par le Premier ministre, se sont déjà illustrés par des propos qui, s’ils étaient tenus par d’autres, je vous garantis que ça leur aurait valu des poursuites judiciaires. En 2008 (en fait des images Direct 8 du 7 juin 2009 tournées lors d'une brocante à Evry, ndlr), Manuel Valls se plaint qu’il y a trop de noirs et d’arabes sur les marchés de sa ville et demande à un membre de son cabinet d’y mettre quelques blancs".

Un comptage ethnique pour quelle finalité?

Interrogé sur la finalité d'un comptage ethnique, le maire de Béziers assume sa ligne politique. "Oui dans notre ville, il y a un trop grand nombre d'immigrés et l'intégration est impossible. Quant à l'assimilation, n'en parlons pas". Mais l'élu se défend de toute discrimination et affirme que le but est de faire en sorte que les enfants aient tous les mêmes chances. Ces statistiques serviraient donc "à faire des choix" pour mieux aider les familles issues de l'immigration.