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Une pétition pour dénoncer un sujet de français "trop difficile" au bac recueille plus de 19.000 signatures

Image d'illustration - Une surveillante dans une salle d'examen du baccalauréat en 2018 à Strasbourg.

Image d'illustration - Une surveillante dans une salle d'examen du baccalauréat en 2018 à Strasbourg. - Frédérick Florin - AFP

Les lycéens de Première S et ES protestent contre le choix d'un poème d'Andrée Chedid, jugé "trop difficile". Ils dénoncent "une humiliation".

"On ne peut pas rester les bras croisés devant cette humiliation". Une pétition pour protester contre la difficulté de l'épreuve de français au baccalauréat des élèves de première S et ES a recueilli près de 18.500 signatures sur le site Change.org. Les auteurs du texte appellent "à assouplir les critères de notation (…) pour que cette année corresponde à ce qu'un baccalauréat de Français devrait être".

Pour cette épreuve anticipée du baccalauréat 2019, les élèves de Première S et ES étaient interrogés sur le sujet "Ecriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours". Ils avaient à leur disposition un corpus de quatre poèmes d'Alphonse de Lamartine, d'Anna de Noailles, d'Yves Bonnefoy et d'Andrée Chédid.

Réactions sur Twitter

Comme chaque année, ils avaient ensuite le choix entre une dissertation, un sujet d'invention ou un commentaire de texte. Mais selon les auteurs de la pétition, les élèves ont été contraints de prendre ce dernier exercice sous la pression de "la majorité des professeurs" qui mettent en garde contre "la difficulté de la dissertation en poésie et du sujet d'invention".

Or, le commentaire portait sur le poème d'Andrée Chedid, auteure inconnue des élèves selon la pétition. A la sortie de l'épreuve, plusieurs lycéens avaient d'ailleurs vivement réagi sur Twitter après avoir appris qui était cette poétesse et qu'elle était une femme.

Un travail "détruit, inutile, bafoué"

"Les élèves ayant choisi la filière S et ES ne sont pas pour la plupart à l'aise avec la matière du Français et la difficulté de l'épreuve était extrêmement élevée par rapport à la capacité des élèves à raisonner et à connaitre des notions sur la poésie", dénonce la pétition.

"Le poème était en vers libres, d'une auteure contemporaine et donc sans mouvement littéraire en particulier qui est étudié au fur et à mesure de l'année", insiste le texte.

"Tout au long de l'année, les élèves de première s'attaquent à l'immense tâche d'apprendre ces mouvements littéraires qui ne sont pas faciles à comprendre (…) Ce lundi 17 juin 2019, ce travail fut détruit, inutile et bafoué. Des centaines d'heures de travails (sic) pour tomber sur l'inconnu. Non les élèves ne sont pas entraînés sur l'inconnu".

Ce n'est pas la première fois qu'une pétition voit le jour pour dénoncer la difficulté d'une épreuve du baccalauréat. L'année dernière, plusieurs milliers d'internautes avaient signé une pétition pour protester contre l'épreuve de mathématique du Bac S. En 2017, ce sont pas moins de trois pétitions qui avaient également été créées.

Benjamin Rieth