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Pisa: les maths, ce mal français

Les mathématiques un mal français ?

Les mathématiques un mal français ? - -

La France, en baisse de manière générale, obtient des résultats médiocres en maths. Et si le haut du panier reste stable, ce sont plutôt la hausse des inégalités qui creusent le fossé. Entre refonte du système éducatif et remise en cause des parents, le débat sur cette débâcle est ouvert.

Les mathématiques, bête noire des élèves français. Le niveau scolaire des Français a encore reculé selon une enquête internationale Pisa sur les performances des élèves, publiée mardi. Les lacunes des Français sont particulièrement criantes en maths, où les élèves ont perdu 16 points depuis 2003. Le décrochage français en mathématiques se confirme. Pourquoi un tel désamour?

Une matière à part

Pour les élèves, les mathématiques sont d'abord perçues comme une matière exigeante. "Pour moi, c'est une matière facile mais j'ai souvent la pression", explique un collégien à BFMTV. "S'il y a une question qui me pose problème, je ne vais pas passer à la prochaine. Si je ne réussis pas le premier exercice, je me dis que je ne vais pas réussir le suivant", poursuit un autre.

Pression, anxiété, manque de persévérance... Les mathématiques, devenues un symbole de sélection, semblent davantage crisper qu'épanouir les élèves. "Les mathématiques souffrent beaucoup du cours magistral", suppose une professeur interrogée par BFMTV. "Il faut avant tout redonner confiance à l'élève, faire comprendre que chacun a le droit de se tromper".

"Un système français qui paralyse l'élève"

"Ce désamour, ce rejet, est mondial. On a décroché de manière générale", nuance nénamoins, Olivier Peyon, réalisateur du documentaire Comment j'ai détesté les maths, sorti le 27 novembre, où il explore justement ce désamour des mathématiques, avec Cédric Villani, professeur de mathématiques à l'université Lyon-1 et médaille Fields en 2010. Un coup d'oeil à la bande-annonce du film suffit d'ailleurs à constater que ce rejet n'est pas uniquement français.

Mais, "en France il y a une vraie pression sociale sur cette matière [...] On a trouvé les maths plus justes en matière de sélection" que le Français ou la philosophie, poursuit Olivier Peyon. "Les maths, c'est la reine des sciences", souligne-t-il.

Un constat partagé par l'amoureux des chiffres Cédric Villani. "Notre système français, traditionnellement strict et répressif, a tendance à renforcer la tension et paralyser l'élève, explique-t-il dans une interview au Figaro, alors que la capacité à proposer une réponse sans avoir peur de se tromper est à la base du progrès mathématique."

Alors, à qui la faute? Alors que l'étude Pisa épingle les inégalités françaises qui creusent chaque année le fossé entre bons et mauvais élèves, l'ancien ministre de l'Education Luc Ferry croit avoir sa petite idée sur les lacunes des élèves français. "L'éducation, c'est les parents et les enfants, l'enseignement, c'est le professeur et les élèves", a-t-il lancé sur BFMTV, lundi soir. Selon lui, les parents ne seraient pas suffisament impliqués. "Je dis simplement que quand l'éducation n'est pas là, l'enseignement est impossible".

De son côté, l'actuel ministre de l'Education, Vincent Peillon, a saisi la balle de l'étude Pisa au bond pour réaffirmer "la nécessité d'une refondation de l'école". "Nos enfants, nos élèves c'est l'avenir de notre pays" a expliqué Vincent Peillon en marge d'un déplacement avec Valérie Trierweiler à Créteil. "La France a de ce point de vue un effort à fournir" pour contrecarrer l'accroissement des inégalités.