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Collèges: le maintien des demi-jauges inquiète parents et chefs d'établissements

Depuis la rentrée du 3 mai, dans les 15 départements les plus touchés par l'épidémie de Covid-19, les cours se font en demi-jauge pour les classes de quatrième et troisième. Les syndicats pointent un risque de décrochage, à un mois du brevet.

Alors que la situation sanitaire a tendance à s'améliorer sur tout le territoire, certains élèves de quatrième et troisième sont toujours soumis à des demi-jauges en classe. Depuis la rentrée du 3 mai, les collégiens des 15 départements qui étaient alors les plus touchés par l'épidémie de Covid-19 (l'Aisne, les Bouches-du-Rhône, l'Essonne, les Hauts-de-Seine, la Loire, l'Oise, le Nord, le Rhône, la Sarthe, la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis, le Val-d'Oise, le Val-de-Marne, les Yvelines ainsi que la Ville de Paris) continuent d'aller en cours en présentiel uniquement un jour sur deux.

Depuis la reprise des cours, le nombre de classes fermées est stable, avec près de 5000 fermetures par semaines, sur un total de 528.400, soit 1% des classes concernées, d'après nos informations. A Paris, "nous sommes aujourd'hui à 180 classes fermées sur un total de 14.000", a précisé à BFMTV Christophe Kerrero, recteur de l'académie.

Risque de décrochage scolaire

"On peut dire qu'il y a relativement peu de cas et que les taux d'incidence restent très bas: quand on fait les tests, autour de 1%", a-t-il ajouté. Actuellement, 15.000 tests hebdomadaires sont réalisés à Paris dans les écoles, dont la moitié à la maison pour les collégiens.

A un mois du brevet des collèges, prévu les 28 et 29 juin prochains, les parents d'élèves et chefs d'établissements ne comprennent pas la décision de maintenir les demi-jauges, et s'inquiètent du risque croissant de décrochage scolaire. "C'est trop long. Ça a commencé en mars 2020 et il y a un vrai phénomène d'usure psychologique qui s'applique", a expliqué Didier Georges, secrétaire national du Syndicat National des Personnels de Direction de l'Éducation National (SNPDEN) et principal du collège de la Grange aux Belles, dans le 10e arrondissement de Paris.

Discussions en cours

Pour Myriam Menez, présidente de la Fédération des parents d'élèves du public (Peep) du Val-de-Marne, la situation "devient une urgence". "Ils sont jeunes, ils restent la moitié du temps à la maison devant la télévision ou des jeux vidéos", a-t-elle détaillé à notre micro.

"N'oublions pas aussi qu'il n'y a que 15 départements concernés, ça veut dire que ces enfants-là, vont passer les mêmes examens que les autres qui auront eu beaucoup plus de cours qu'eux", a-t-elle regretté.

La décision de mettre fin aux demi-jauges doit être prise conjointement par les ministères de l'Éducation et de la Santé. Selon nos informations, des discussions sont actuellement en cours.

Fanny Rocher