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Admission post bac: 87.000 bacheliers toujours dans l'attente

Des lycéens découvrent les résultats du bac à Paris le 5 juillet 2017

Des lycéens découvrent les résultats du bac à Paris le 5 juillet 2017 - THOMAS SAMSON / AFP

Alors que près de 90.000 bacheliers sont toujours en attente d'affectation pour leur première année d'études post bac, la ministre de l'Enseignement supérieur entame ce lundi une vaste concertation pour réformer l'entrée à l'université.

Ils ont beau avoir brillé tout au long de leur année de terminale, avoir pour certains décroché leur bac avec mention et avoir choisi une formation dans leur académie, de nombreux lycéens se retrouvent sur le carreau pour leur entrée à l'université. D'après les derniers chiffres publiés vendredi, 86.969 bacheliers sont en ainsi toujours sur liste d'attente après la troisième vague de réponses de la plateforme APB (admission post bac).

Une situation chaotique à laquelle la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal compte bien s'attaquer, en lançant ce lundi une vaste concertation sur la réforme des admissions à l'université. Autour de la table: présidents d'université, représentants du ministère et syndicats étudiants.

La ministre, qui évoque ce lundi "un énorme gâchis", souhaite que des solutions alternatives au tirage au sort actuel soient rapidement trouvées afin de mettre en place un nouveau système pour la rentrée universitaire 2018. Le gouvernement souhaiterait ainsi que tout soit acté cet automne, avant janvier, date à laquelle les lycéens commencent à s'inscrire sur le portail APB, le logiciel qui les affecte dans l'enseignement supérieur.

Deux options envisagées

Parmi les solutions envisagées, deux camps s'affrontent: les partisans de la mise en place de prérequis à l'entrée à l'université, et ceux qui militent pour une refonte complète de l'orientation des jeunes au cours de leurs années de lycée.

Début juillet lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Edouard Philippe a évoqué des "contrats de réussite étudiante", qui indiqueront aux jeunes "les prérequis pour réussir dans la filière visée". Dans une lettre adressée fin juin aux présidents d'université, la ministre de l'Enseignement supérieur a souligné que ce contrat de réussite reposera sur "les souhaits exprimés par les futurs étudiants", "les exigences propres à chaque cursus diplômant" et "les capacités d'accueil des formations".

Une solution qui satisfait la majorité des présidents d'université et qui permettrait selon eux de désengorger les filières les plus demandées. "Ce qui est intéressant, c'est de regarder comment fonctionne le système allemand par exemple", préconise le président de l'université René Descartes à Paris.

"Dans le système allemand, 1/5e des places sont réservées à ceux qui ont les meilleurs notes à l'équivalent du bac, 3/5e des places sont accordées sur la base de pré-requis, et le dernier 1/5e est ouvert à tout le monde", explique-t-il.

Les syndicats dénoncent une sélection déguisée

Mais reste à définir ces fameux prérequis, qui "peuvent cacher le meilleur comme le pire", note Jimmy Losfeld, président de la Fage, premier syndicat étudiant. Pour lui, "ce n'est pas à l'université d'imposer un choix à un lycéen". Le syndicat prône plutôt l'instauration, pendant les années lycée, d'"une véritable orientation, qui responsabilise le jeune et lui permette de comprendre les formations de l'enseignement supérieur, en fonction de ses compétences et ses aspirations".

"Il faut profiter de la réforme annoncée du bac pour dégager du temps destiné à de l'accompagnement individualisé" dans ce domaine, ajoute-t-il.

Mélanie Rostagnat