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Décès à l'hôpital Lariboisière: l'avocat pointe des "fautes" dans la prise en charge de la patiente 

THOMAS SAMSON / AFP

THOMAS SAMSON / AFP - THOMAS SAMSON / AFP

L'AP-HP avait reconnu des "dysfonctionnements". Mais pour l'avocat des proches de la victime morte aux urgences de l'hôpital parisien en décembre dernier, les problèmes structurels ne suffisent pas à expliquer son décès.

Non-respect du protocole de prise en charge, 12 heures d’attente et une équipe en sous-effectif: cette accumulation semble être à l'origine du décès de Micheline Myrtil, retrouvée sans vie aux urgences de l'hôpital Lariboisière de Paris, en décembre dernier. Les conclusions de l’enquête préliminaire, que Le Monde a pu consulter et que confirme à BFMTV.com l’avocat de ses proches, suivent celles de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) rendues en janvier.

Erreur d'identité

Lundi 17 décembre, la fonctionnaire de police est prise en charge à 18h20 par les pompiers après avoir fait un malaise devant un centre médical du XIXe arrondissement. À son arrivée à Lariboisière, les pompiers transmettent aux urgences sa fiche d'intervention “sans vérifier la pièce d’identité”, nous précise Maître Eddy Arneton, ce qui constitue une première “erreur” d’après lui. Le nom de la patiente est mal retranscrit dans le fichier de prise en charge puis sur le bracelet d’admission.

Lorsque Micheline Myrtil est examinée, sa température atteint les 40,1°, son discours n’est pas clair et elle confirme le mauvais nom de famille. La quinquagénaire est alors placée en “circuit court”, réservé au soin léger. Il est 19 heures, la patiente est installée sur un brancard dans une salle commune. Presque quatre heures plus tard, on l’appelle à plusieurs reprises pour sa consultation, mais sous la mauvaise identité. “Elle avait sans doute déjà perdu connaissance”, estime Maître Eddy Arneton.

Patiente en "fugue"

Placée en “fugue” peu après 1 heure, Micheline Myrtil est ensuite déclarée comme “définitivement sortie” vers 4 heures du matin, rapporte Le Monde. Pourtant la femme de 55 ans n’a pas quitté la salle dans laquelle elle a été placée 8 heures plus tôt. À 6 heures, une infirmière la découvre inconsciente. Elle est déclarée morte après une tentative de réanimation.

L’autopsie révèlera que Micheline Myrtil est décédée d’une méningite, ce qui fait dire à l’avocat de ses proches qu’elle a probablement “agonisé pendant plusieurs heures et pas de façon silencieuse car elle devait manquer d’air.”

L’équipe soignante n’a découvert qu’après son décès sa véritable identité avec ses effets personnels. Le bracelet d’admission a lui disparu. Citant “la non-vérification de la carte d’identité, le bracelet perdu”, Eddy Arneton considère qu’il n’y a donc pas simplement eu des “dysfonctionnements”, comme reconnu par l’AP-HP, mais bien des “fautes”.

"Elle a tout simplement été oubliée"

L’affaire fait écho à la crise que traversent les services d’urgences depuis trois mois. Lariboisière est d’ailleurs l’un des établissements pointés du doigt pour sa suractivité et ses problèmes d’organisation. Mais tout ne se justifie pas par ce problème structurel, tranche l’avocat. “Sinon cela signifie que le cas de Micheline Myrtil se reproduit tous les jours.”

Depuis le 14 janvier, une information judiciaire est ouverte pour “homicide involontaire” et “omission de porter secours à personne en danger”. Les proches “se préparent à un long combat judiciaire” pour prouver “qu’elle a tout simplement été oubliée” au sein même de l'hôpital.
Esther Paolini