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Crise aux urgences: la mobilisation s'intensifie, 95 services en grève

Manifestation du collectif Inter-Urgences, le 6 juin 2019, à Paris.

Manifestation du collectif Inter-Urgences, le 6 juin 2019, à Paris. - Aurore MESENGE / AFP

Le collectif Inter-Urgences comptabilise 95 services d'urgences en grève ce mardi. Des manifestations sont également prévues à Paris et en région, avec un mot d'ordre: une hausse des effectifs et des salaires.

Alors que le projet de loi Santé est voté ce mardi au Sénat, le mouvement de colère des urgences s'amplifie dans les hôpitaux français. 95 services sont en grève ce mardi, d'après le collectif Inter-Urgences. Des manifestations sont organisées par les syndicats dans plusieurs grandes villes pour réclamer une hausse des effectifs et des salaires.

Bras de fer depuis trois mois

Débutée en mars dans les hôpitaux parisiens, la contestation du personnel hospitalier face aux conditions de travail dans les urgences s'étend maintenant dans toute la France. Emilio Alvarez, infirmier à l'hôpital Saint-Antoine à Paris et membre d'Inter-Urgences, explique à BFMTV les revendications "simples et claires" exigées par les grévistes:

"On veut être reconnu, on veut des moyens, on veut des effectifs et on veut l'arrêt des fermetures de lit."

Le personnel réclame au gouvernement 10.000 postes d'infirmiers et autres aides-soignants supplémentaires, la réouverture de "lits d'aval" ainsi qu'une prime de 300 euros par mois. Avec d'autres membres du collectif, l'infirmier a été reçu au ministère de la Santé le 25 mai dernier, mais déplore n'avoir obtenu aucune avancée: 

"La seule chose qu'elle nous a proposé c'est de repeindre les murs et de faire plus d'heures supplémentaires", regrette-t-il.

Soutien des syndicats

La mobilisation des aides-soignants, médecins et urgentistes est soutenue par les fédérations santé de l'intersyndicale CGT, FO, Sud, CFE-CGC. "On travaille main dans la main", nous indique Christophe Prudhomme médecin urgentiste et délégué CGT santé:

"Ce sont des jeunes professionnels parisiens, qui n'avaient pas l'habitude de voir des syndicats. Ils se sont rendu compte que les syndicats étaient tout à fait utiles."

À 11 heures ce mardi, une manifestation est prévue devant le ministère de la Santé à Paris et devant plusieurs Agences Régionales de Santé (ARS) pour alerter sur les conditions de travail du personnel soignant.

Buzyn écarte une hausse des salaires

La colère grandit d'autant plus qu'Agnès Buzyn ne semble pas prête à céder. Sur notre plateau lundi, elle a martelé que des annonces avaient déjà été faites, notamment sur la "prime de risque" ainsi qu'une "prime de coopération" qui allait être attribuée "aux paramédicaux dans les services d'urgence".

En revanche, elle a écarté "l'idée d'une nouvelle augmentation de salaire pour les soignants":

"Je comprends que ce soit une reconnaissance. Mais quand la préoccupation est purement salariale alors que ça dysfonctionne, (...) sincèrement les problèmes ne vont pas se régler parce que je paye davantage", a tranché la ministre de la Santé sur notre plateau.
Esther Paolini