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Coronavirus: avec les écoles fermées à partir de lundi, comment faire garder ses enfants?

Jeudi soir, Emmanuel Macron a annoncé que tous établissements scolaires seraient fermés à partir de lundi et ce, jusqu'à nouvel ordre. Un casse-tête pour les parents qui travaillent et doivent trouver un moyen de faire garder leurs enfants. BFMTV.com fait le point sur les solutions possibles.

C’est un casse-tête pour les parents. Jeudi soir, Emmanuel Macron a annoncé la fermeture des 62.000 crèches, écoles et universités à partir de lundi. Conséquence: plus de 12 millions d’élèves resteront chez eux jusqu’à nouvel ordre.

"C’est une stratégie de réduction du risque. Les enfants ne donnent pas de tableau clinique du coronavirus mais cela n’empêche pas qu’ils soient porteurs du virus et donc contagieux. Ces fermetures d’écoles paraissent tout à fait légitimes", réagit sur notre antenne Alain Ducardonnet, consultant santé pour BFMTV.

Mais une problématique se dessine pour les parents qui travaillent: qui va garder les enfants? Voici les différentes solutions qui s'offrent à vous.

  • Renoncer à l’aide des grands-parents

Les personnes âgées sont les plus vulnérables au coronavirus. En effet, selon une étude chinoise, la mortalité atteint 15% chez les plus de 80 ans. Le taux grimpe à 21,9% au niveau mondial, selon un rapport de l'OMS. Afin de les protéger, Emmanuel Macron a appelé jeudi soir, lors de son allocation, toutes les personnes de plus de 70 ans à "restez autant que possible à leur domicile" et à "limiter leurs contacts au maximum". Et notamment avec les enfants.

Ces derniers peuvent être porteurs asymptomatiques du Covid-19. Dans ce cas, il est tentant de baisser la garde, or les enfants restent des vecteurs de la maladie. Il convient donc de renoncer à l'idée de faire garder les enfants par leurs grands-parents.

  • Télétravailler

"On ne peut pas faire appel aux grands-parents parce qu’on ne sait si on est porteurs de ce virus", commente au micro de BFMTV Arshela Castanier, mère d’une petite fille en CM1 qui restera à la maison dès lundi. Alors, pour cette cadre-supérieur, le "télétravail s’impose".

Jeudi soir, le président de la République a demandé "aux entreprises de permettre à leurs employés de travailler à distance, il faut intensifier le télétravail".

Cette solution est possible pour "à peu près un emploi sur trois", a estimé ce vendredi matin sur France Info la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Une enquête menée du 6 au 15 février n'a pas pu mesurer l'impact du coronavirus, encore à ses prémices en France, mais 27% des entreprises déclarent avoir déjà incité leurs salariés à télétravailler en période d'épidémie de grippe ou de gastro, et 36% des salariés indiquent que leur entreprise les a effectivement incités à travailler chez eux afin d'éviter toute contamination ou arrêt de travail. 

Facilité par les ordonnances Macron de l'automne 2017, le télétravail se fait pour 72% des entreprises sur simple accord avec le salarié (oral, courrier ou par mail). Il ne peut pas vous être imposé, sauf en cas de "circonstances exceptionnelles, notamment de menace d'épidémie, ou en cas de force majeure", pour permettre la continuité de l'activité de l'entreprise et garantir la protection des salariés, selon le Code du travail.

  • Se mettre en arrêt (mais sans aller chez le médecin)

Si les parents ne peuvent pas télétravailler, le gouvernement permet à l’un d’entre eux de rester à la maison pour garder leur enfant, à la condition que ce dernier ait moins de 16 ans. Pour cela, le parent doit prendre contact avec son employeur, qui fera les démarches administratives auprès de l’assurance maladie. Le salarié aura droit à ses indemnités journalières sans délai de carence, et ce jusqu’à 20 jours. "On verra après, ce sera le temps qu'il faut", a promis la ministre du Travail.

"L'État prendra en charge l'indemnisation des salariés contraints à rester chez eux", a promis Emmanuel Macron, quel qu'en soit le coût.

"C'est un arrêt maladie sans qu'ils soient malade, c'est sans aller chez le médecin, il n'y a pas de délai de carence, c'est dès le premier jour qu'on est pris en charge, et c'est l'employeur qui le déclare", a expliquéMuriel Pénicaud. "L'employeur ne peut pas dire non, c'est automatique, si vous avez un enfant de moins de 16 ans, qui est en crèche ou école, et que le télétravail n'est pas possible vous y avez droit automatiquement", a assuré la ministre.

  • Bénéficier du chômage partiel

Un "mécanisme exceptionnel et massif de chômage partiel sera mis en oeuvre", a prévenu jeudi soir Emmanuel Macron. L'État prendra en charge "intégralement" le chômage partiel demandé par les entreprises pénalisées par la propagation du coronavirus, a précisé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. 

"Des entreprises hésitaient en se disant qu'elles n'avaient pas les moyens de prendre en charge (...), là on remboursera intégralement 100% du chômage partiel", y compris au-delà du salaire minimum, a-t-elle assuré sur France Info. "Nous allons le prendre en compte sur le budget du ministère du Travail."
  • Profiter d'un service de garde

L'activité des assistantes maternelles ou de nounous n'est pas pour l'heure mise en pause.

Par ailleurs, afin de garantir la continuité des services de soins, les personnels soignants bénéficient d’un système particulier pour faire garder leurs enfants et leur permettre de continuer à aller travailler. Un système de garde région par région va être lancé pour eux.

Toutefois, il va falloir quelques jours avant que ce "service minimum" soit mis en place par les recteurs, dans les différentes académies, a prévenu jeudi soir Jean-Michel Blanquer 

  • Compter sur la solidarité entre voisins

"Il y a des parents qui gardent plusieurs enfants à la fois" dans les régions comme l’Oise, le Haut-Rhin ou le Morbihan, déjà placées en confinement depuis plusieurs jours, a indiqué jeudi soir le ministre de l'Education nationale. Sur les réseaux sociaux, des associations de parents d’élèves invitent d'ores et déjà les familles à s’entraider pour la garde d’enfants.

Ambre Lepoivre avec AFP