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Coronavirus: les patients jeunes ne sont pas épargnés par les formes graves de la maladie

Vue d'un hôpital italien.

Vue d'un hôpital italien. - Miguel MEDINA / AFP

Contrairement au postulat de départ, qui consistait à dire que les personnes âgées étaient les plus vulnérables au Covid-19, trentenaires et quadragénaires en bonne santé sont également touchés.

Le coronavirus est-il plus fourbe qu'on ne l'envisageait? Jusqu'à présent, les craintes se portaient surtout vers les personnes âgées ou déjà atteintes de maladies chroniques et de troubles respiratoires, à qui Emmanuel Macron a demandé jeudi soir "de rester autant que possible à leur domicile". Mais en réalité, même les trentenaires et les quadragénaires qui n'avaient pas une santé fragile auparavant sont susceptibles de connaître de graves symptômes en cas d'infection. 

Dans les colonnes du Parisien, le chef du service infectiologie de l'hôpital Tenon à Paris, Gilles Pialoux, s'alarme du fait qu'il "n'est plus rare de voir des jeunes de 30 ou 40 ans, sans pathologie", être hospitalisés. "C'est la réalité du terrain. Le cercle s'élargit", ajoute-t-il. 

Djilali Annane, chef du service de réanimation à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, constate le même phénomène. "On commence à voir arriver des patients quadra, quinquagénaires comme cette nuit encore dans mon service, sans grande comorbidité (la présence parallèle d'autres pathologies, ndlr), et qui présentent des formes graves" d'infection, a-t-il affirmé sur BFMTV.

"Il y a des formes réactives, inflammatoires"

Le président Emmanuel Macron l'a lui-même sous-entendu jeudi soir dans son allocution télévisée. "Il faut se préparer à une deuxième vague qui touchera, un peu plus tard, des personnes plus jeunes, a priori moins exposées à la maladie, mais qu'il faudra soigner également", déclarait le chef de l'État. 

D'après Alain Ducardonnet, consultant santé pour BFMTV, cette nouvelle vague de malades a priori plus robustes n'est pas surprenante. "On le sait pour la grippe, (...) il y a des formes réactives, inflammatoires, des pneumonies extrêmement graves avec des détresses aiguës chez les jeunes", explique-t-il. 

Une telle propagation s'explique par le très fort taux de contamination que présente le Covid-19. Imad Kansau, médecin infectiologue à l'hôpital Antoine Béclère de Clamart, a affirmé sur BFMTV se préparer à l'arrivée de cette "deuxième vague" depuis "fort longtemps". De son côté, Le Parisien rappelle que l'immense majorité des patients hospitalisés dans une situation grave ne meurent pas du coronavirus: 80% d'entre eux sont sauvés. 

Jules Pecnard