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Cazeneuve refuse de transmettre les noms des fichés S aux maires

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, refuse que les maires aient accès aux noms des individus fichés S dans leur commune.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, refuse que les maires aient accès aux noms des individus fichés S dans leur commune. - Eric Feferberg - AFP

Le ministre de l'Intérieur estime qu'il est "impossible" de communiquer les noms des individus faisant l'objet d'une fiche S. Et ce pour des raisons juridiques.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve a tranché: les maires n’auront pas accès aux noms des fichés S. CVoilà ce qui ressort d'un entretien au Journal du Dimanche publié dimanche 9 octobre. 

Les fichés S (pour sûreté de l'État) "sont surveillés et non judiciarisés, ce qui indique que leur dangerosité n'est pas avérée", et "la communication d'une fiche S est impossible" pour des raisons juridiques, souligne le ministre.

"Cette confidentialité est aussi la condition de l'aboutissement des enquêtes", poursuit-il, évoquant l'arrestation de 355 personnes en lien avec des réseaux terroristes depuis janvier.

Associer les maires au processus de déradicalisation

"D'un autre côté, nous devons trouver un dispositif qui permette d'associer les maires au processus de prévention et de déradicalisation et qui n'obère pas l'efficacité des services de renseignement - ce que les élus, dans leur immense majorité, comprennent très bien. Nous le faisons", assure le ministre.

"Par contre, vouloir placer en détention des individus qui n'ont commis aucun crime au seul motif qu'ils ont retenu l'attention des services, c'est inefficace et contraire à la Constitution" et aux "valeurs de la République", réaffirme-t-il.

Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle, a annoncé vendredi que s'il était réélu président il organiserait, le jour du second tour des législatives, un référendum sur "la mise en internement administratif des fichés S les plus dangereux".

17 mineurs partis en Syrie depuis le début de l'année

"Nos efforts paient" dans la lutte antiterroriste, juge quant à lui Bernard Cazeneuve. "On estime à moins d'une vingtaine le nombre de ceux qui ont réussi à quitter notre pays depuis le début de l'année", dit-il. Actuellement, "17 mineurs combattants" français en zone irako-syrienne sont recensés, ajoute-t-il.

Un fichier de recensement de personnes dangereuses 

Par ailleurs, selon le JDD, 15.000 individus susceptibles de constituer une menace seraient répertoriés dans un fichier différent de celui des fichés S. Il s'agit d'une base de donnée appelée le Fichier des signalements pour le prévention de la radicalisation à caractère terroriste.

Ces 15.000 personnes sont classées en différentes catégories selon leur dangerosité. Les 4.000 plus inquiétants, susceptibles de passer à l'action, sont surveillés par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Viennent ensuite 4.000 autres individus, surveillés par le Service central du renseignement territorial (SCRT). La troisième catégorie est prise en charge par la Police Judiciaire, les gendarmes et le renseignement parisien.

Quant aux personnes jugées les moins dangereuses, elles relèvent de la compétence du préfet et bénéficient d'un traitement parasocial, passant aussi bien par les services sociaux, l'Éducation nationale ou l'administration pénitentiaire.

A noter que le fichier est mis à jour régulièrement, les entrées compensant les sorties. 1.200 noms ont été retirés du fichier depuis sa création, précise le JDD

M.H. avec AFP