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Pour Bernard Cazeneuve, une loi anti-burkini serait "inconstitutionnelle"

Bernard Cazeneuve, le 16 janvier 2015, à Paris.

Bernard Cazeneuve, le 16 janvier 2015, à Paris. - Kenzo Tribouillard - AFP

Bernard Cazeneuve a jugé qu'une loi anti-burkini créerait "d'irréparables tensions".

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, a estimé ce dimanche qu'une loi anti-burkini serait "inconstitutionnelle", et risquerait de créer "d'irréparables tensions". Vendredi, il avait déjà appelé à l'apaisement après la suspension de l'arrêté anti-burkini de Villeneuve-Loubet par le Conseil d'Etat.

"Le gouvernement, comme l'a dit le premier ministre, refuse de légiférer sur ce sujet car une loi serait inconstitutionnelle, inefficace et de nature a susciter des antagonistes et d'irréparables tensions", a-t-il déclaré à La Croix.

Bernard Cazeneuve a malgré tout affirmé que les musulmans doivent "continuer à s'engager avec nous pour l'égalité hommes-femmes, l'intangibilité des principes républicains, la tolérance qui fait le vivre-ensemble".

"Chaque parole compte, chaque prise de position peut contribuer à conforter l'unité de la République ou au contraire la fractionner", a souligné le ministre.

"Cazeneuve doit dire s'il est favorable ou non"

Il s'en est également pris à l'opposition, dont certains dirigeants "font beaucoup de bruit". "C'est une grave erreur que de penser que pour sauver la France, il faut l'opposer aux principes de droit qui fondent la République", a-t-il dénoncé.

Le président des Républicains Laurent Wauquiez, invité de BFM Politique ce dimanche, lui a répondu en critiquant la sortie du ministre de l'Intérieur, qui "s'abrite derrière la Constitution pour surtout ne rien faire".

"Bernard Cazeneuve doit dire s'il est favorable au burkini ou s'il est contre", a-t-il lancé. Laurent Wauquiez accuse le ministre de l'Intérieur de "choisir la facilité".

Le gouvernement divisé

Au sein du gouvernement, les avis divergent sur l'interdiction de ce vêtement de bain. Manuel Valls voit dans le burkini "l'affirmation dans l'espace public d'un islamisme politique" et "mortifère". Emmanuelle Cosse s'est désolée, dans le JDD, que cette "question dérisoire" se soit "transformée en débat national obsessionnel".

D'autres membres du gouvernement, comme Najat Vallaud-Belkacem et Marisol Touraine ont appelé à faire preuve de discernement. 

la rédaction avec AFP