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Orages, chaleur et neige... un début d'année météo complètement fou

Une jonquille enneigée le 18 mars 2018.

Une jonquille enneigée le 18 mars 2018. - Ross Burton / Flickr CC

Le temps est-il devenu fou? Cette presque moitié d'année 2018 le laisse penser. Le chef du service météo de BFMTV nous explique de quoi il retourne.

Il fallait avoir une garde-robe fournie pour faire face à ce début d'année 2018. Et même des bottes face aux fortes pluies d'orage qui s'abattent sur une bonne partie de la France et de l'Europe, occasionnant d'inquiétantes inondations. Après des chutes de neige inhabituellement abondantes cet hiver, février et mars avaient été traversés par des vagues d'un froid polaire, avant qu'en avril, l'été ne déboule sans crier gare et que la neige fasse une nouvelle apparition en mai. D'où la question qui s'impose: le temps est-il devenu fou?

Pour Christophe Person, chef du service météo de BFMTV, ce sont "les changements de flux incessants" qui ont créé cette situation de mutations radicales du temps. Le météorologue explique en substance que les masses d'air arrivant tantôt de la Russie à l'est, tantôt du nord donc des pays scandinaves, tantôt de l'ouest, sont à l'origine de ces mutations brutales des conditions.

Un mois de février glacial

En février, comme le montrait notre carte, les températures relevées sur l'hexagone rivalisaient de manière inhabituelle avec celles des pays les plus froids de la planète.

Neige en mars et en mai

C'est peu dire que le printemps 2018 a été particulier. Le 19 mars, soit la veille du commencement officielle du printemps, il est tombé trois centimètres de neige en Normandie et en Ile-de-France. Notre carte rendait compte de cet épisode neigeux tardif.

Le plus surprenant reste le changement de paysage survenu juste avant la mi-mai. Dans plusieurs régions le temps avait changé en 24 heures du tout au tout.

Entre les deux, pics de chaleur en avril

En avril le thermomètre la jauge du thermomètre était montée de manière surprenante. Rouen, Troyes et Nancy, n'avaient par exemple jamais eu aussi chaud un 19 avril

Seconde question: "N'y a-t-il plus de saisons?"

Sur ce point, Christophe Person explique que le réchauffement climatique induit une montée globale des températures, mais qu'en revanche les mois de juillet et d'août, resteront toujours les plus chauds. L'explication tient à l'ensoleillement. En été, dans l'hémisphère nord, l'inclinaison des rayons du soleil est moins forte, donc la zone couverte est moins étendue et l'énergie plus concentrée.

Deuxième facteur important, les journées sont plus longues (16 heures au solstice d'été contre 8 heures au solstice d'hiver), donc la zone réchauffée par notre étoile l'est aussi plus longtemps.

Quant aux prévisions saisonnières mises en avant par certains sites, Christophe Person n'y croît simplement pas. Des prévisions à 5 jours dit-il sont assez fiables et "jusqu'à 15 jours de manière exceptionnel quant un anticyclone est suffisamment fort en été". Mais quoi qu'il en soit, pas au-delà.

D. N. avec François de La Taille et Christophe Person