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"Des sensations incroyables": Thomas Pesquet raconte son décollage à bord de la capsule Crew Dragon

Près d'une semaine après son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le spationaute français livre ses impressions sur son départ de la Terre à bord des appareils de SpaceX.

"Si on aime les sensations fortes, c'est ce qu'on peut faire de mieux." Thomas Pesquet a participé ce vendredi à une séquence questions-réponses à 400 kilomètres de la Terre. L'astronaute, qui est arrivé samedi dernier à bord de la Station spatiale internationale (ISS), a raconté comment il a vécu son décollage à bord de la capsule Crew Dragon de SpaceX perchée sur la fusée Falcon-9.

"C'était vraiment un grand grand moment et on avait tous un énorme sourire, on riait dans la capsule, en étant sérieux bien sûr, mais juste parce que les sensations sont phénoménales", relate le seul Européen se trouvant dans l'ISS.

Un ressenti lié au véhicule spatial lui-même. Conçu par la société SpaceX, l'appareil encore récent et bourré d'innovations: "C'est vraiment entièrement nouveau et c'est apprendre des choses nouvelles, c’est ce qui me motive tous les jours dans ce travail".

"C'est la voiture moderne avec des écrans tactiles"

Si la fusée Falcon a été lancée plus d'une centaine de fois depuis son premier tir en 2010, ce n'était là que la troisième mission avec une capsule Crew Dragon.

"C'est vraiment la voiture moderne avec les écrans plats tactiles", décrit Thomas Pesquet aux médias français. Pour lui, le décollage a été "super confortable" grâce à un engin "plutôt spacieux".

Si l'appareil plus moderne que la capsule Soyouz utilisée lors de sa précédente mission, il n'est pas toujours pratique. Un petit bémol notamment: celui du rangement. Le spationaute raconte qu'il a été compliqué de retrouver facilement ses affaires, celles-ci étant souvent cachées ou intégrées à l'intérieur de l'habitacle afin de conserver un désign épuré.

"C’est fait pour que ça soit joli et plaisant mais nous on a l’habitude des choses moches et fonctionnelles dans le spatial du coup il faut qu'on s'habitue un petit peu", explique Thomas Pesquet.

26h de voyage "passées comme si c'était 10 minutes"

Mais un vaisseau moderne ne permet pas d'éviter tous les incidents, tant dans les films de science fiction que dans la réalité. L'équipage de Crew Dragon l'a bien constaté lors de son voyage vers l'ISS puisque Thomas Pesquet et ses trois collègues ont été prévenus d'un risque de collision avec un débris non identifié. Une "fausse alerte" finalement, mais qui s'est avérée être un bon exercice pour les astronautes.

"On a ce message très calme qui nous dit qu'il faut que l'on soit dans 20 minutes maximum dans nos sièges, en scaphandre, harnachés, sanglés, les casques fermés et tout rangé dans la cabine. Ce qui nous prend en temps normal 40 à 50 min (...) Il y a des choses qui n'étaient pas entièrement orthodoxes mais on a tout fait", décrit Thomas Pesquet.

Tout s'est finalement "très bien passé" et les 24h de vol + 2h d'amarrage "sont passées comme si c'était dix minutes". Plus de peur que de mal pour le VRP de l'espace qui ne pense pas que les débris spatiaux soient à ce stade une menace particulière pour l'ISS.

"On a encoe jamais eu ce problème à bord de la station ou à bord d'un véhicule habité ou au cours d'une sortie extravéhiculaire, on n'est pas dans un scénario à la Gravity pour l'instant", rassure enfin Thomas Pesquet.
Hugues Garnier Journaliste BFMTV