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COP21: Fabius dénonce l'inertie actuelle après l'accord historique

Laurent Fabius et François Hollande lors de la COP21.

Laurent Fabius et François Hollande lors de la COP21. - Département d'Etat américain via Wikimedia Creative Commons

Neuf mois après, l'accord de Paris obtenu en conclusion de la COP21 en décembre dernier n'est toujours pas appliqué. Il y a urgence à le faire selon Laurent Fabius, qui avait piloté le sommet international

C’était il y a près de neuf mois et on se souvient de la joie affichée sur le visage de Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, et sur ceux de nombreux chefs d’Etat. La scène se déroulait le 12 décembre dernier et la COP21 s’achevait par la signature de l’accord de Paris. A présent, Laurent Fabius est président du Conseil constitutionnel et a laissé le suivi de la COP21 à Ségolène Royal. Ça ne l’empêche pas de s’inquiéter pour l’avenir de ces négociations.

Les ratifications se font attendre

Selon l’ancien Premier ministre, l’enthousiasme de l’accord a fait place à l’inertie et on est encore loin du compte pour que le projet puisse recevoir un début d‘application. Il s’est fendu d’une tribune dans Le Monde pour dénoncer cet état de fait. Il commence par dresser un tableau assez sinistre de la situation: "La fréquence et la gravité des sécheresses, la rapidité et l’étendue de la fonte des glaciers, l’intensité des incendies et inondations, l’étroitesse des liens entre climat et maladies, climat et migrations, climat et violences, tout confirme les prévisions dramatiques du GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)".

Visiblement, les gouvernements sont peu nombreux à tenir à concrétiser les bonnes intentions étalées à Paris. La ratification de l’accord traîne: "Il y faut au moins 55 Etats, représentant plus de 55% de gaz à effet de serre, nous en sommes à moins de 2%! Des promesses sont données mais le fait est qu’aujourd’hui ni la Chine, ni les Etats-Unis, ni l’Union européenne, ni l’Inde, ni la Russie- les cinq premiers émetteurs de CO2 mondiaux- n’ont encore franchi le pas."

En conséquence, Laurent Fabius demande aux dirigeants internationaux d’accélérer la cadence et de s’engager envers leurs citoyens via "un pacte universel".

"Un grand gâchis" dixit Cécile Duflot

La candidate à la primaire écologiste, qui fut elle-même ministre (du Logement), Cécile Duflot a soutenu les propos de son ancien confrère du gouvernement sur les ondes de France Inter: "Laurent Fabius a raison. S’arrête-t-on aux paroles ou va-t-on jusqu’aux actes?" Selon Cécile Duflot, l’accord de Paris est bien au point mort: "Il n’y a rien sur le financement, la taxation carbone. (…) Pourtant aujourd’hui, les conséquences du dérèglement climatique sur les récoltes, l’alimentation, les hausses du niveau de la mer existent déjà." 

Alors qu’elle ambitionne de pouvoir se présenter à la présidentielle, Cécile Duflot a ^par ailleurs fini par condamner l’exécutif: "C’est un grand gâchis pour l’écologie, ce quinquennat."

R.V