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Faut-il rendre les tests PCR ou antigéniques "de confort" payants?

Réalisation d'un test PCR (photo illustration)

Réalisation d'un test PCR (photo illustration) - GUILLAUME SOUVANT © 2019 AFP

Les tests "de confort" pourraient devenir payants dans les prochains mois. Si certains estiment que cela inciterait à se faire vacciner, d'autres considèrent que ce serait une erreur.

Faut-il rendre payant les tests "de confort" afin d'inciter les Français et les Françaises à se faire vacciner? La question est posée. Si Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, assurait fin avril qu'il n'était "pas prévu" de revenir sur la gratuité des tests PCR, il a ce lundi renvoyé la question à la rentrée, laissant la porte ouverte à cette possibilité.

La semaine dernière, l'Académie de médecine a recommandé en effet de cesser le remboursement des tests réalisés pour des "convenances personnelles", c'est-à-dire sans qu'il n'y ait de symptômes du Covid-19 ou de situation de cas contact, comme pour partir en voyage par exemple. Des tests qui représentent un coût conséquent pour la Sécurité sociale: une trentaine d'euros pour les antigéniques et environ 70 euros pour les PCR réalisés en laboratoire.

"Il faut se faire vacciner"

Le débat est ouvert et les avis sont partagés. Patrick Berche, membre de l'Académie de médecine, se dit pour sa part favorable à la fin de la gratuité pour certains tests PCR, notamment pour encourager la population à se faire vacciner. "Il faut vraiment que les gens comprennent qu'il faut se faire vacciner et que c'est le seul moyen d'éviter ou de diminuer la vague qui risque d'arriver en septembre", a-t-il indiqué sur BFMTV.

"Le but n'est pas d'embêter les gens. Le but c'est de les faire se vacciner quand il existe une solution gratuite pour avoir un pass sanitaire qui permet de voyager. C'est quand même mieux que de se faire à chaque fois, deux jours avant, un test et de le répéter éventuellement."

Il évoque le cas de l'Allemagne où un test PCR peut coûter jusqu'à 150 euros. En Espagne ou au Portugal, le tarif moyen dépasse les 100 euros. Une somme non négligeable alors que le vaccin est quant à lui gratuit, met en avant Patrick Berche.

Un frein face au variant Delta?

Ce n'est pas le point de vue de François Blanchecotte, le président du Syndicat national des biologistes, qui estime a contrario qu'imposer un frein tarifaire alors que le variant Delta semble se propager sur le territoire serait une erreur et découragerait à se faire tester.

"À l'aube où le variant Delta est prédit par nos épidémiologistes comme pouvant être présent sur la France fin août et à l'aube d'une quatrième vague si jamais on n'arrive pas à le maîtriser, c'est très important (...) qu'on continue ce dépistage, c'est un intérêt majeur", assure-t-il sur BFMTV.

Plusieurs pays comme, l'Australie ou Israël, font face à une recrudescence des contaminations liées au variant Delta, au point de reconfiner. En France, sa propagation inquiète, notamment dans les Landes.

"Contre-productif" de faire payer les tests

D'autant que selon ce représentant du Syndicat national des biologistes, les "tests de confort" relèveraient de l'anecdotique. Selon lui, près de huit Français sur dix souhaitent restent sur le territoire national cet été.

"Il n'y a quand même pas beaucoup de Français qui se font faire des tests tous les quinze jours parce qu'ils se déplacent en avion. Ce n'est pas quelque chose de majeur dans notre pays."

Ce que François Blanchecotte craint: que des personnes modestes qui n'auraient pas été vaccinées veuillent se faire tester, craignant d'avoir été contaminées, mais ne le pouvant pas faute de moyens. "Faire payer les tests serait contre-productif", conclut-il.

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV