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Le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale fait le point sur l'efficacité du vaccin AstraZeneca

Des flacons du vaccin AstraZeneca, le 11 février 2021, au début d'une campagne de vaccination à l'aéroport Fiumicino de Rome

Des flacons du vaccin AstraZeneca, le 11 février 2021, au début d'une campagne de vaccination à l'aéroport Fiumicino de Rome - Tiziana FABI © 2019 AFP

La "task force" vaccin émet des recommandations au sujet de ce vaccin, autorisé en France mais qui suscite des critiques voire de la méfiance.

Ce n'est pas un avis mais une note qu'a rendu ce jeudi le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale. La "task force" du vaccin, présidée par l'immunologue Alain Fischer, s'est penchée sur le vaccin ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222), plus simplement connu comme étant produit par le groupe anglo-suédois AstraZeneca.

Parfois critiqué pour son efficacité moindre par rapport aux deux autres vaccins autorisés en France, de Pfizer-BioNTech et Moderna, tous deux basés sur la technologie de l'ARNm, le vaccin d'AstraZeneca n'est pas recommandé en France aux personnes âgées de plus de 65 ans, faute de données suffisantes sur son efficacité sur cette tranche d'âge.

Mais pour les autres tranches d'âge, son efficacité en tant que vaccin de masse est importante: "Le taux protection contre les formes symptomatiques de la maladie Covic-19", dans une période comprise entre 22 jours et 90 après la première injection, "est de 76,2%" précise la note partagée par le "Monsieur Vaccin" du gouvernement. "Avec l'administration d'une seconde dose 6 semaines après la première, le taux de protection observé est de 62,3%. Mais ce taux monte à 82,2% si la seconde dose est administrée 12 semaines après la primo-injection" poursuit la note en question.

"Ce vaccin est aujourd’hui recommandé en France pour les professionnels de santé de moins de 65 ans et va l’être dans les prochains jours pour les personnes âgées de 50 à 64 ans souffrant de comorbidités", fait état la note, jugeant cet élargissement "justifié".

Sur BFM Business jeudi, le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski avait indiqué que les 50-64 ans présentant des comorbidités pourraient être vaccinés en entreprise par la médecine du travail "sans doute" dès la fin du mois de février. Une possibilité qui est rendue possible par le vaccin AstraZeneca, en raison de son coût moindre et de son stockage plus facile que celui de ses concurrents.

Dans sa note, le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale fait aussi valoir l'efficacité du médicament d'AstraZeneca contre le variant britannique, qui "circule activement sur le territoire français".

En raison des effets secondaires parfois observés chez les sujets jeunes présents parmi les soignants, la "task force" recommande "un étalement du calendrier de vaccination des personnes travaillant dans la même unité de soin" ainsi que "la prise systématique de paracétamol juste avant l'injection et dans les deux jours suivants".

Des exceptions à cause du variant brésilien

Si les vaccins à ARNm sont prioritairement réservés aux personnes les plus vulnérables, une exception doit être observée "en Moselle et à Mayotte", peut-on lire dans la note. Deux explications à cela: "Une augmentation nette de la prévalence du variant 501Y.V2 [sud-africain, NDLR], associée à une incidence élevée des cas de Covid-19".

"Il a été préconisé de vacciner les professionnels de santé par des vaccins à ARNm, qui permettent d'acquérir une immunité plus rapide", indique la note, comme l'avait déjà déclaré le Pr Alain Fischer mardi sur BFMTV. Des dispositions qui pourraient s'étendre à d'autres territoires si la situation le réclamait, "sans évidence de protection" de ce vaccin contre le variant sud-africain.

Selon l'infectiologue Benjamin Davido, invité de BFMTV ce vendredi matin, il faudrait administrer en priorité des vaccins à ARN messager aux jeunes soignants exerçant à l'hôpital afin d'empêcher les effets secondaires déjà constatés et les problèmes "d'effectifs" qui en découleraient, et réserver les doses d'AstraZeneca aux soignants pratiquant en ville ou en ambulatoire.

"Aujourd'hui, la réalité c'est qu'on a des lots [d'AstraZeneca, NDLR] qui ne sont pas utilisés à l'hôpital", a affirmé le praticien de l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine).
Clarisse Martin Journaliste BFMTV