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La Haute Autorité de Santé plaide pour un déremboursement de l'homéopathie, confirme Boiron

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Photo d'illustration - Bruno Glatsch - Pixabay

Le géant de l'homéopathie avait suspendu sa cotation jeudi après des fuites dans la presse concernant les conclusions de la HAS.

La Haute Autorité de Santé (HAS) a émis une recommandation "défavorable" au maintien du remboursement des produits homéopathiques par l'assurance maladie, dans un avis préliminaire d'évaluation, a annoncé vendredi le fabricant Boiron, confirmant des informations de presse.

Le géant lyonnais de l'homéopathie, dont le chiffre d'affaires dépend à 60% du marché français, a ajouté dans son communiqué que la cotation de son titre reprendrait lundi à l'ouverture de la Bourse de Paris.

Une fuite de la décision de la HAS dans la presse

Le groupe avait suspendu sa cotation depuis jeudi après-midi, en invoquant une fuite dans la presse des conclusions de l'avis de la HAS, lequel était censé rester confidentiel. Les laboratoires Boiron rappellent vendredi soir dans un communiqué avoir reçu ce premier avis de la commission de la transparence de la HAS, "jeudi en fin de journée, soit bien après sa fuite dans un média".

"La diffusion par la presse de ce premier avis, censé être confidentiel, cause un réel préjudice aux salariés, clients et actionnaires du groupe", affirme Boiron.

Une efficacité non-évaluée scientifiquement

Controversée au sein du corps médical, l'homéopathie consiste à administrer des substances en quantité infinitésimale, en vue de soigner certaines affections.

Certains médicaments sont remboursés à 30%, bien que leur efficacité n'ait pas été évaluée scientifiquement. En 2017, le remboursement de l'homéopathie a représenté 129,6 millions d'euros sur un total de 19,9 milliards pour l'ensemble des médicaments remboursés, selon l'Assurance maladie.

"Remettre le rationnel scientifique au centre du débat"

La polémique a été relancée en mars 2018 avec la parution dans Le Figaro d'une tribune au vitriol contre l'homéopathie et d'autres "médecines alternatives" signée par un collectif de 124 médecins. Le ministère de la Santé a ensuite saisi la HAS fin août pour connaître son avis "quant au bien-fondé" du remboursement.

"Je ne cherche ni à dérembourser, ni à rembourser. Soit un médicament est utile et permet d'avoir un bénéfice clinique, soit il n'apporte rien et dans ce cas-là il n'a pas de raison d'être financé par la collectivité", soulignait la ministre, Agnès Buzyn, fin mars lors d'un entretien avec l'AFP

"J'ai souhaité remettre le rationnel scientifique au centre du débat. Ca ne veut pas dire que cela suffise toujours à prendre une décision politique, mais au moins j'ai réaffirmé qu'on ne pouvait pas faire sans", avait-elle ajouté.

Juliette Mitoyen avec AFP