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Vers la fin du remboursement de l'homéopathie?

L'efficacité de l'homéopathie n'a jamais été prouvée scientifiquement

L'efficacité de l'homéopathie n'a jamais été prouvée scientifiquement - AFP

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a proposé jeudi que le remboursement de l'homéopathie soit conditionné, au même titre que celui des autres médicaments, à une évaluation de son efficacité par l'Assurance maladie.

Plus d'un Français sur deux consomme de l'homéopathie pour se soigner. Piqûres de moustiques, stress, allergie et rhume: ses utilisations sont nombreuses. 

Jusqu’à présent, aucune étude scientifique n’a cependant validé son efficacité pour traiter ou prévenir les maladies. C'est cela qui était dans le viseur de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ce jeudi 24 mai, au micro de France inter. 

"Le problème de l’homéopathie est qu’elle n’a jamais été évaluée comme les médicaments", explique Agnès Buzyn. "L’homéopathie pourrait rentrer dans le droit commun et être évaluée scientifiquement. Si elle est utile, elle restera remboursée. Si elle est inutile, elle arrêtera de l’être."

Actuellement, la Sécurité sociale rembourse certains médicaments homéopathiques à hauteur de 30%. Ces derniers possèdent en effet un statut dérogatoire. Leur autorisation sur le marché ne suit pas le même chemin que les autres médicaments.

L'efficacité de l'homéopathie en question

Sur RMC/BFM-TV, la ministre avait reconnu que "l’homéopathie ne pouvait fonctionner autrement que par l’effet placebo". La ministre avait alors estimé que "si on se pose la question du remboursement de l’homéopathie, il faut se poser celle de tous les médicaments peu efficaces". 

Le 18 mai dernier, l'Académie de médecine a également estimé que l'homéopathie était "une méthode imaginée il y a deux siècles à partir d'a priori conceptuels dénués de fondements scientifiques." 

Une polémique qui s'amplifie

Le 19 mars 124 médecins ont publié une tribune dans Le Figaro condamnant fermement l'utilisation de médecines alternatives telles que l'homéopathie. 

Ce vendredi, ce collectif de médecin, Fakemed, a salué les propos de la ministre sur Twitter. "Le ministère demande que les médicaments homéopathiques soient évalués selon les mêmes critères scientifiques qui s'appliquent aujourd'hui en France. Une avancée appréciable", a twitté le collectif Fakemed.

Plus largement, Mme Buzyn a affirmé jeudi que "le débat est ouvert globalement sur l'utilité des médicaments". "Nous remboursons (...) des médicaments extrêmement peu efficaces, voire inefficaces, au taux de 15%", a-t-elle dit.

"Le débat va avoir lieu sur 'Qu'est-ce que nous avons envie de payer'", a-t-elle poursuivi. "Où est-ce qu'on met l'argent public, où est-ce qu'on rend service aux Français? C'est un débat que nous ouvrirons cet été".

Cyrielle Cabot