BFMTV

La facture du Mediator s'élèverait à près de 100 millions d'euros

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Fred Tanneau-AFP

Selon L'Express, les laboratoires Servier devraient indemniser les victimes du Mediator à hauteur de 97 millions d'euros. Près de la moitié de la somme aurait déjà été versée.

La facture est lourde. Selon L'Express, les laboratoires Servier vont au total verser 97 millions d'euros aux victimes du Mediator alors que le parquet de Paris a demandé fin mai le renvoi devant le tribunal correctionnel du groupe pharmaceutique et de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). L'hebdomadaire rappelle que le groupe a enregistré, entre 1976 et 2009, 600 à 700 millions d'euros de chiffre d'affaires.

À l'heure actuelle, un peu moins de la moitié de cette somme a d'ores et déjà été versée, le reste devrait l'être d'ici la fin 2018. L'Express rappelle que le versement au civil de ces montants "ne préjuge pas de l'issue du procès au pénal qui pourrait aussi se solder par une sanction financière si l'infraction était reconnue".

Au total, 10.000 dossiers de demande d'indemnisation ont été déposés à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux. L'Express précise que 90% des dossiers ont été jusqu'à présent traités.

Pour les 3400 malades "dont le dossier a été jugé recevable", ils se partageront au total 79 millions d'euros. Sur cette somme, 18 millions seront versés aux caisses d'assurance maladie et aux mutuelles.

Le parquet a annoncé avoir requis un renvoi du groupe pharmaceutique pour "tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d'influence". Il demande aussi un procès pour l'ANSM pour "blessures et homicides involontaires". Au total, le ministère public requiert le renvoi en correctionnelle de onze personnes morales -des sociétés de la galaxie Servier- et quatorze personnes physiques, dont l'ancien numéro deux du groupe et une ancienne sénatrice UMP, accusée d'avoir rédigé un rapport favorable au laboratoire. Les juges d'instruction doivent décider ou non de les renvoyer en procès.

Huit ans après la révélation du scandale du Mediator, le tribunal de grande instance de Nanterre avait reconnu en 2015 la responsabilité civile des laboratoires Servier pour avoir laissé sur le marché un médicament "défectueux", dont ils ne pouvaient "pas ignorer les risques".

Céline Hussonnois-Alaya