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Gilets jaunes: à la veille de l'Acte IV, les hôpitaux en alerte

Les secours au chevet d'un blessé lors de la journée de mobilisation des gilets jaunes le 1er décembre à Paris

Les secours au chevet d'un blessé lors de la journée de mobilisation des gilets jaunes le 1er décembre à Paris - AFP

A la veille d’une nouvelle journée de mobilisation des gilets jaunes, les secours s’organisent. Les autorités sanitaires ont demandé aux établissements d’anticiper et de renforcer leur planning. La semaine dernière, 162 personnes avaient été prises en charge dans des hôpitaux parisiens.

Les réunions se sont multipliées. Les plannings sont prêts. A la veille de l'Acte 4 de la mobilisation des gilets jaunes, les hôpitaux et les SAMU ont prévu de renforcer leurs équipes ce week-end, notamment en région parisienne. C’est le sens de la note que la Direction générale de la Santé a adressée aux Agences régionales de santé et que BFMTV a pu se procurer.

Elle précise les mesures à prendre pour éviter que les hôpitaux soient débordés samedi en cas d’afflux de blessés, lors d'une journée que l'Elysée craint "d'une grande violence".

"Ces événements peuvent occasionner une augmentation significative de l’activité des services hospitaliers et une pression opérationnelle pour assurer les missions relevant de l’aide médicale urgente", peut-on lire dans ce document.

Le 1er décembre, lors du troisième acte de la mobilisation, 162 personnes avaient été prises en charge dans neuf hôpitaux de l’AP-HP. 16 étaient encore hospitalisées mardi après-midi.

L'Etablissement français du sang placé en alerte

Les services d’urgence, les SAMU et les pompiers ont donc pris leurs dispositions pour demain. A l’hôpital européen Georges Pompidou (APHP), douze médecins et une dizaine d’internes supplémentaires seront mobilisables si besoin au service des urgences. Trois infirmiers de plus également sont prévus au planning.

C’est le cas aussi en petite couronne. Le SAMU de Seine-Saint-Denis, a prévu de passer de 7 à 9 équipes, chacune composée d'un médecin, un infirmier et un ambulancier.

Un renfort est attendu aussi au niveau des associations de sécurité civile, notamment la Protection civile ou la Croix Rouge qui mettent à disposition du SAMU leurs équipes médicales. L’Etablissement français du sang a, quant à lui, été placé en état de pré-alerte.

Le 1er décembre, tout était compliqué

Si le dispositif se veut très précis et organisé, c’est que les autorités souhaitent éviter la surchauffe du samedi 1er décembre. L'aspect inédit des violences, les départs de feu, le nombre de blessés, les difficultés de circulation dans Paris: tout s'est avéré compliqué pour les services d'urgence et de santé. 

Certains urgentistes ont regretté aussi un manque de coordination entre les secours, SAMU et pompiers, notamment dans l’orientation des blessés.

"80 patients ont été adressés à l’hôpital Bichat (AP-HP), alors que d’autres établissements parisiens avaient de la place. Le service a pu gérer, car il s’agissait en majorité de traumatologie légère, mais le personnel n’a pas arrêté", explique un médecin.

Autre illustration: deux blessés graves ont été acheminés à l’hôpital Ambroise Paré (AP-HP), à Boulogne, qui n’est pas adapté aux cas graves. Les patients ont donc dû être transférés en urgence dans deux autres établissements, ce qui a fait perdre du temps. Heureusement sans perte de chances pour ces blessés.

La note de la direction de la Santé relative au dispositif mis en place pour la journée du 8 décembre: