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Covid-19: pourquoi le recensement des nouvelles contaminations est légèrement faussé cet été

Un test PCR en cours de réalisation (PHOTO D'ILLUSTRATION)

Un test PCR en cours de réalisation (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Fred TANNEAU

Actuellement, chaque nouveau cas positif est comptabilisé en fonction de son département d'origine. Une méthoque qui pourrait biaiser les taux d'incidence, notamment en cette période de vacances.

En une semaine, le taux d'incidence, qui désigne le nombre de cas positifs pour 100.000 habitants, s'est aggravé dans plusieurs départements. Paris avait notamment été placé au niveau d'alerte, avec plus de 60 cas positifs au Covid-19 pour 100.000 habitants.

C'est au-dessus du seuil d'alerte, fixé à 50 pour 100.000 habitants, une première depuis le déconfinement. Entre le 2 et le 9 août, 10 départements supplémentaires ont été classés en orange pour leur taux d'incidence (connu aussi sous le nom de "R0"), sur un total de 31.

Les cas positifs recencés dans leur département d'origine

Or, c'est justement la méthode utilisée pour comptabiliser les nouveaux cas positifs de contamination au Covid-19 qui pourrait faire gonfler le taux d'incidence dans ces départements qui enregistrent une forte progression du virus.

Actuellement, chaque cas positif est recensé dans son département d'origine. Comme le précise Santé publique France dans son point épidémiologique du 6 août, "en cette période de vacances les taux d’incidence par département et région de résidence ne reflètent pas que la transmission dans le département ou la région de résidence".

"En effet les personnes en vacances hors de leur département et qui acquièrent l’infection dans leur lieu de vacances sont comptabilisés dans la base Sidep [le fichier national où sont recensés les résultats des tests par les laboratoires, NDLR] selon leur commune de résidence habituelle".

Certains chiffres "imputables à une transmission en zone de vacances"

Autrement dit, un Parisien en vacances en Corse sera inscrit comme cas positif à Paris, et non sur l'île de Beauté. Les hausses des taux d'incidence peuvent donc être légèrement gonflés dans certaines régions, notamment en cette période de vacances.

"Pour les régions avec de fortes progressions, comme l'Île-de-France, une part de cette progression est certainement imputable à une transmission en zone de vacances", reconnaît ainsi Santé publique France.

Cependant, pour Nicolas Péju, directeur général adjoint de l’Agence régionale de santé Ile-de-France, cité par Le Monde, les conséquences de ce biais sont minimes.

"Nous pensons que ça peut jouer, mais uniquement à la marge. Ça ne remet pas en question la tendance à une nette augmentation de l’incidence depuis quelques semaines" , explique-t-il.

Les tests dans les aéroports imputés au taux d'incidence de Paris

Conscient du problème, Santé publique France affirme "qu'une analyse selon le laboratoire de réalisation du test permettra d’appréhender plus finement le lieu de contamination en cette période estivale".

Autre problème : dans son dernier point, daté de ce jeudi, Santé publique France explique que les "dépistages aux aéroports de Roissy et Orly" sont également imputés "au département 75 en l'absence d'adresse connue de ces personnes".

Ainsi, sans le biais de ces tests menés dans les aéroports, le taux d'incidence de Paris, indiqué à 62, est en réalité estimé à 46,2 pour 100.000 habitants.

Fanny Rocher