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Covid-19: pourquoi il ne faut pas miser sur une saisonnalité du virus

Une plage de Dubaï, aux Emirats-Arabes-Unis, le 25 juin 2020.

Une plage de Dubaï, aux Emirats-Arabes-Unis, le 25 juin 2020. - KARIM SAHIB

Dans une synthèse publiée ce jeudi, Santé publique France appelle à la prudence face à un virus qui ne semble pas être totalement inactivé par la chaleur.

La diffusion du Covid-19 varie-t-elle en fonction des différentes saisons de l’année? Si l’on s’en tient aux données concernant les coronavirus SRAS et MERS, sa transmission pourrait être atténuée durant l’été dans l'hémisphère Nord, note Santé publique France dans une synthèse publiée ce jeudi.

En effet, les études sur les virus respiratoires montrent que la chaleur a tendance à les inactiver, l’été offrant ainsi une période de répit aux épidémies de grippe, par exemple. Mais Santé publique France appelle à la prudence en cette période estivale quant à "d'éventuels facteurs de confusion" qui sont rarement pris en compte, comme la densité et la structure de la population, les interactions sociales, l’accès au dépistage… Autant d'inconnues qui ne permettent pas de tirer de conclusions quant à une inactivation du virus pendant l'été.

"Il apparaît que la plus grande part de la transmission du Covid-19 ne serait pas expliquée par les variables météorologiques. Il est ainsi difficile de déterminer leur influence sur la transmission du virus et d’en déduire une saisonnalité", indique l’agence.

Des transmissions "en dehors des cycles saisonniers"

Et d’ajouter: "Une transmission du SARS-CoV-2 peut survenir en dehors des cycles saisonniers en raison d’une immunité quasiment inexistante dans la majorité des populations."

Reste que la nouvelle épidémie de Covid-19 renferme encore beaucoup de secrets pour le monde scientifique et "le manque de recul historique" sur ce virus empêche "d’infirmer ou de confirmer l’hypothèse de la saisonnalité" de sa circulation.

Santé publique France incite donc à ne pas baisser la garde cet été. D’autant que les appareils de rafraîchissement, utilisés en période estivale en cas de fortes chaleurs, peuvent être des vecteurs de la maladie.

"En créant un mouvement d’air important, l’appareil va projeter les gouttelettes respiratoires émises par les personnes à distance dans la pièce et rendre inopérante la distance de sécurité entre les personnes", explique l’agence.

212 clusters encore actifs

Et de poursuivre: "Les climatiseurs doivent être équipés de filtres performants et correctement entretenus. Ils permettent alors d’obtenir un air ‘filtré’ qui fait baisser significativement la charge virale de la pièce si une ou plusieurs personnes infectées sont dans la pièce."

En France, l'épidémie de coronavirus court toujours. Depuis le 9 mai, 561 cas groupés ou clusters ont été détectés et 212 sont encore actifs, selon la Direction générale de la santé. Durant l'été, il convient donc de trouver des moyens de se soustraire à la chaleur sans pour autant prendre le risque de s'exposer davantage au virus.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV