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Coronavirus: pourquoi les événements familiaux sont au cœur de la reprise des contaminations

Selon Santé Publique France, 50 foyers de contamination se sont déclarés dans un milieu familial élargi et 16 lors d’un événement public ou privé.

C’est désormais l’un des principaux vecteurs de transmission du coronavirus. Mariage ou simple déjeuner en famille, les rassemblements familiaux se multiplient depuis le début des vacances scolaires. Les gestes barrières y sont plus compliqués à respecter. Par conséquent, le milieu familial est désormais un important potentiel foyer épidémique.

"Vigilance accrue"

Au cours des dernières semaines, de plus en plus de “clusters familiaux” sont identifiés un peu partout sur le territoire. En Mayenne, où le département est en “vigilance accrue” avec 600 cas de contaminations au Covid-19 confirmées et 11 clusters identifiés, les rassemblements de famille sont particulièrement pointés du doigt:

"Il y a des clusters qui nous inquiètent, ceux qui surviennent dans des milieux familiaux élargis, c'est-à-dire qui touchent plusieurs familles, mais également les rassemblements temporaires de personnes", a indiqué à France 3 Pays-de-la-Loire l’épidémiologiste Sophie Vaux.

Dans le Finistère également, où la venue des touristes a dans un premier temps été tenue pour responsable, les rassemblements de famille sont également cités par la préfète de région Michèle Kirry. Quatre clusters ont émergé dans le département lors de fêtes privées: “Toute fête familiale est susceptible de faire augmenter le nombre de cas”, a-t-elle souligné mardi.

Au moins 50 clusters en milieu familial élargi

Selon le dernier bilan épidémiologique de Santé Publique France, parmi les 386 clusters identifiés en France, 50 se sont déclarés dans un milieu familial élargi et 16 lors d’un événement public ou privé. Lundi, Olivier Véran a évoqué cette problématique au micro de Franceinfo:

“Les directeurs d’ARS me disent ‘on constate des réunions de famille parfois à l’intérieur, parfois à l'extérieur… Les gens se retrouvent, on est en vacances. Ils viennent de différents coins du pays, certains sont malades sans le savoir, la plupart sont asymptomatiques”, précise le ministre de la Santé.

“Des études récentes ont montré que les contaminations n’étaient pas exclusivement le fait de contacts publics mais qu’elles étaient aussi le fait de contacts familiaux”, confirme à BFMTV Michel Chassang, médecin généraliste, président d’honneur de la confédération des syndicats médicaux.

“C’est à l’occasion de ces rencontres que l’on a le plus de chances de se transmettre [le virus], surtout lorsqu’on prend un verre, que l’on est en train de discuter, qu’on n'a évidemment pas de masque parce qu’il faut boire ce verre”, ajoute-t-il.

“On ne va pas coller des amendes”

Le gouvernement en appelle au “civisme des Français”. Mais face à ce relâchement en rassemblement familial, les autorités semblent démunies: “c’est un réflexe puissamment humain. On ne va pas coller des amendes aux gens parce qu’ils se retrouvent en famille”, a ironisé le ministre de la Santé.

À notre antenne, le président d’honneur de la confédération des syndicats médicaux rappelle toutefois la nécessité de préserver un certain nombre de “précautions”:

“Se tenir à une distance respectable de la personne avec laquelle on parle, utiliser au maximum les gels hydroalcooliques, se garder de serrer la main à quelqu’un, se garder des bisous”, liste Michel Chassang, tout en reconnaissant que “c’est dur en famille”.
Esther Paolini Journaliste BFMTV