BFMTV

A Paris, des traces de Covid-19 à nouveau détectées dans les eaux usées

Les chercheurs insistent sur le fait que, si les taux sont comparables à ceux relevés début mars, la dynamique n'est plus exponentielle.

Les analyses des eaux usées de Paris et de la région parisienne révèlent à nouveau une présence Covid-19, à un "faible niveau" qui ne permet pas de tirer des conclusions sur l'évolution de l'épidémie, selon l'Observatoire épidémiologique dans les eaux usées (Obépine), cité par l'AFP. D'infimes traces avaient déjà étaient retrouvées début juillet.

"On essaye de remonter dans le réseau, parce que c'est plusieurs lignes qui arrivent sur notre station. Donc pour voir exactement quelle commune est touchée, et après cela on s'aperçoit que c'est souvent derrière des hôpitaux, des Ehpad, qu'on en retrouve le plus", fait valoir sur BFMTV Élodie Hurpy, du syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne.

Depuis l'apparition du coronavirus en Chine, plusieurs études scientifiques ont relevé la présence du coronavirus dans les selles de patients. Ainsi, des groupes de recherche ont décidé de travailler sur les eaux usées, et ont retrouvé des éléments du génome de ce virus, dans les eaux usées de Paris, Amsterdam ou encore Brisbane.

Plus faible augmentation que début mars

"Il est apparu que lorsqu'il y avait déjà moins de 100 cas avérés en France, on avait déjà une légère augmentation des concentrations dans les eaux usées", explique Sam Azimi, également du syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne.

Selon les relevés effectués, depuis deux semaines, les résultats sont clairs: le virus circule de nouveau. Pour autant, Laurent Moulin, responsable de la recherche et du développement pour Eau de Paris, se veut rassurant:

"Il était logique de retrouver une recirculation du virus. (...) On est actuellement sur une dynamique qui est en plus faible augmentation, plus lente que ce qu'on a pu observer au début de l'épidémie, et on est sur des niveaux de concentration qui sont encore un peu en tout cas du même ordre d'idée que début mars, au début de l'épidémie", explicite le chercheur.

Lors du déconfinement mi-mai, "le virus n'était plus détectable dans plusieurs stations d'épuration d'Île-de-France", a noté Obépine mercredi dans un communiqué, cité par l'AFP.

Un indicateur parmi d'autres

"L'important pour nous, ce n'est pas d'évaluer la quantité de virus présent dans les eaux usées, mais de mesurer la dynamique du phénomène", a insisté Laurent Moulin auprès du Parisien.

Ca n'a en tout cas rien à voir avec la tendance observée début mars: "On était sur une dynamique exponentielle, chose qu'on ne constate pas aujourd'hui", a précisé Sébastien Wurtzer, ingénieur et virologue au laboratoire d'Eau de Paris.

L'analyse des eaux usées présente un avantage conséquent, qui est de resserrer les mailles de la détection car même les personnes asymptomatiques rejettent du virus dans leurs selles.

"C'est un indicateur extrêmement sensible et précoce, potentiellement, de la circulation du virus. Évidemment ça ne vaut pas les gens qu'on teste, les visites aux urgences... Ca c'est des indicateurs épidémiologiques beaucoup plus conventionnels", fait valoir le médecin de santé publique Martin Blachier.

Désormais, l'objectif est de perfectionner ce système d'analyses, afin de permettre l'anticipation d'une éventuelle et redoutée seconde vague.

Sophie Hébrard et Pierre Corrieu avec Clarisse Martin