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Les quatre scénarios du Conseil scientifique pour la suite du déconfinement

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Le Conseil scientifique a transmis mardi soir son avis aux pouvoirs publics portant sur les différents scénarios à envisager quant à l'avenir du coronavirus dans la France post-confinement. Ce document nous a été communiqué ce jeudi en début d'après-midi.

Le Conseil scientifique a transmis mardi soir au gouvernement un avis, le septième, portant sur les quatre scénarios possibles quant à l'évolution de la présence du coronavirus en France en ces temps de déconfinement. Ce document nous est parvenu ce jeudi en début d'après-midi.

En présence de foyers 

Le Conseil scientifique a construit ces différentes pistes en se fondant sur les données disponibles sur l'épidémie en cours, des modélisations concernant les mesures ayant présidé à la levée du confinement, sur le circuit des tests et les indicateurs liés aux circuits et systèmes d'information. 

Le premier scénario est aussi le plus optimiste. Sous celui-ci, le virus demeure sous contrôle, nonobstant la survenue de quelques foyers "localisés et maîtrisés". Cette option n'émanciperait pas les Français du respect de mesures de lutte contre l'épidémie, à commencer par les gestes-barrière pour au moins six mois. 

Dans le scénario 2, les foyers se font cette fois critiques, c'est-à-dire qu'ils laissent redouter une perte de contrôle des chaînes de contamination. Cette situation appellerait à des mesures décrites comme strictes et précoces mais là encore, "localisées". En pareil cas, le Conseil scientifique préconise de "renforcer les gestes-barrière" et ajoute: "Une stratégie massive de 'tester-tracer-isoler'. L’allocation de moyens supplémentaires notamment humains doit être adaptée à la taille de la population à tester et à tracer."

Perte de contrôle

Le scénario 3 explore l'éventualité d'une reprise progressive et "à bas bruit" de l'épidémie. Ici, "des indicateurs se dégraderaient sans que les chaînes puissent être identifiées, ni a fortiori contrôlées". Il conviendrait alors de prendre des mesures à l'échelle régionale voire nationale le cas échéant. Le Conseil scientifique précise:

"L’application des mesures doit prendre en compte les conditions géographiques de redémarrage de l’épidémie. Si par exemple, l’ensemble des régions ont une situation épidémique sous contrôle à l’exception d’une région qui est affectée par une reprise à bas bruit, des restrictions de l’activité économique pourront être considérées pour assurer un contrôle plus rapide du foyer épidémique et éviter la diffusion aux autres régions. (...) Dans le scénario 3, une attention particulière doit porter sur la région Ile de France et sur la grande précarité."

Dans le quatrième et ultime scénario, nous perdrions le contrôle de la diffusion de l'épidémie et il faudrait alors envisager un nouveau confinement généralisé au plan national ou "d'autres objectifs collectifs, économiques et sociaux". Le Conseil scientifique écrit:

"Les autorités devront également précisément déterminer leur objectif. Par exemple, si l’objectif est uniquement de diminuer la mortalité liée à COVID19, un confinement permanent ou extrêmement précoce sera toujours préférable, mais cela ignore l’impact délétère du confinement sur la société française. Un objectif alternatif est d’assumer tout en la limitant une surmortalité hospitalière COVID19 associée à la mise sous tension des services de réanimation. Cet objectif peut être atteint au moins partiellement en augmentant les capacités hospitalières en attendant de restaurer un confinement si toutes les autres approches ont échoué."

Réserves

Pour affronter au mieux l'une ou l'autre de ces perspectives, les experts plaident pour l'élaboration séance-tenante d'un "Plan de Prévention et de Protection rapprochées", appelé le P2R-Covid, afin d'activer au besoin et au plus vite les dispositions listées. 

Il faut noter que si 13 des membres de cette instance se sont accordés sur la version définitive du texte, un dernier, Jean-Laurent Casanova, a exprimé quelques réserves quant aux trajectoires retenues, s'exprimant pour sa part dans le sens de l'accentuation du "traçage, du diagnostic et de l'isolement des personnes contagieuses". 

Robin Verner