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Coronavirus: les aéroports, maillons faibles de la lutte contre l'épidémie?

La question des mesures sanitaires dans les aéroports sera notamment à l'ordre du jour d'un conseil de défense vendredi.

Les autorités sanitaires sont en alerte, alors que certaines zones du territoire enregistrent un rebond de l'épidémie de coronavirus, notamment en Bretagne. La question des cas importés, c'est-à-dire des voyageurs contaminés hors du territoire national et qui ramèneraient le virus, est particulièrement cruciale.

Le conseil de défense qui se réunit vendredi autour d'Emmanuel Macron à l'Élysée évoquera notamment le sujet des mesures sanitaires dans ces lieux de transit de voyageurs et leur éventuel renforcement pour endiguer le reflux de l'épidémie, qui a fait plus de 30.000 morts en France à ce jour.

Interrogé sur ce point mercredi soir au cours du journal télévisé de France 2, Olivier Véran a reconnu qu'il s'agissait d'une question "légitime", confirmant qu'elle serait évoquée vendredi lors du conseil de défense, en vue d'"éventuellement prendre des mesures supplémentaires".

La question des cas importés

À l'heure actuelle, il y a la "vérification (des tests, NDLR) des passagers qui l'acceptent, qui arrivent des zones rouges", pointe à notre antenne Jean Serrat, consultant de BFMTV sur les question aéronautiques.

Il est également possible de prendre sa température, mais cette mesure laisse de nombreux experts sceptiques. "On a montré que ça ne servait à rien", déplore sur BFMTV Benjamin Davido, médecin infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine).

Pour le médecin et consultant santé de BFMTV Alain Ducardonnet, la question des cas importés est de la plus haute importance dans la lutte contre l'épidémie, pointant "une vraie préoccupation".

Tester les voyageurs au départ

Ainsi, pour Jean Serrat, il faudrait faire des contrôles "au départ" des voyageurs, et non à l'arrivée, "trop tard" selon lui.

Faudrait-il ainsi empêcher les passagers qui refuseraient de se soumettre à un test de monter dans un avion? "Sur un plan médical, sur un plan scientifique, ça serait logique" pour Alain Ducardonnet, qui pointe toutefois les difficultés politiques et juridiques que poseraient une telle mesure, du fait que la France ne peut imposer à un ressortissant étranger, sur un autre territoire que le sien, de se soumettre à un test de dépistage pour pénétrer sur le sol français.

Vendredi dernier sur CNews, le professeur Philippe Juvin, chef des urgences de l'hôpital Pompidou, plaidait pour des mesures plus contraignantes relatives à l'arrivée de voyageurs: "Il est absolument indispensable, non pas de fermer les frontières, mais que toute personne qui arrive sur le territoire national soit tracée", avait-il défendu.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV