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Covid-19: face au variant Omicron, faut-il remplacer nos masques chirurgicaux par des masques FFP2?

Des personnes âgées avec des masques de protection FFP2, sur un marché à Berlin le 12 février 2021

Des personnes âgées avec des masques de protection FFP2, sur un marché à Berlin le 12 février 2021 - DAVID GANNON © 2019 AFP

Plusieurs pays européens imposent le masque FFP2 pour accéder à certains lieux comme les transports en commun. Une mesure véritablement nécessaire?

Face au variant Omicron, dont la très grande contagiosité inquiète les autorités, quelle solution pour se protéger? L'Autriche, l'Allemagne et désormais l'Italie impose à la population le masque FFP2 dans certains lieux et notamment les transports publics. En France, pour l'instant, l'idée n'est pas à l'ordre du jour, même si certains, à titre personnel, troquent le masque chirurgical ou en tissu pour le fameux bec de canard.

Plusieurs études prouvent la plus grande protection des masques FFP2. Les masques chirurgigaux protègent surtout les personnes à proximité de celui ou celle qui le porte, davantage que le porteur lui-même, car ils filtrent l'air expiré. Le FFP2 a le grand avantage de bien s'adapter à la forme du visage et de ne pas laisser d'espace autour du nez, des joues et de la bouche et il protège avant tout la personne qui le porte puisqu'il filtre 94% des aérosols inspirés.

Un masque qui protège mieux...

Des chercheurs de l'université de Göttingen, en Allemagne, et de l'université de Cornell, aux États-Unis, ont récemment fait une étude dont "les résultats suggèrent que l'utilisation des masques FFP2 devrait être préférée au masques chirurgicaux". Selon cette étude, si une personne négative est face à une personne positive pendant 20 minutes, qu'elles portent toutes les deux un masque FFP2, les risques pour la première de contracter le Covid-19 sont 75 fois plus faibles qu'avec des masques chirurgicaux.

En France, le Conseil scientifique - dans un avis daté du 8 décembre et consacré aux fêtes de fin d'année - ne recommande le masque FFP2 que pour "les personnes les plus fragiles ou non vaccinées", "avec toute la complexité néanmoins liée à cet usage". Pour Michaël Rochoy, médecin généraliste et membre du collectif Stop-Postillons, l'usage de ce type de masque est "intéressant notamment si vous êtes très exposé au virus". Il cite alors les instituteurs en classe de maternelle quand les enfants ne portent pas de masques ou les serveurs et barmen.

... mais plus difficile à bien mettre

Pourquoi ne pas le conseiller à toute la population alors que le taux d'incidence s'envole, avec un nombre de contaminations jamais atteint depuis le début de l'épidémie et la menace d'une déferlante Omicron en janvier? "La crainte avec le masque FFP2 c'est qu'ils ne sont pas si simples à porter et ils sont difficiles à porter comme il faut", a répondu le virologue Bruno Lina ce jeudi, à l'occasion d'une conférence de presse du Conseil scientifique.

Les spécialistes appellent d'ailleurs à bien porter son masque, sur le nez, tout le temps, quel que soit le masque. "Il vaut mieux un masque bien placé qu’un FFP2 mal porté", assure Bruno Lina.

Sans compter la question du prix: quand il est possible de trouver une boîte de 50 masques médicaux pour 3 euros, la boîte de 10 FFP2 coûte souvent aux alentours de 7 euros. Et s'il est possible de les trouver moins cher sur internet, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail alertait il y a quelques jours sur certains masques FFP2 qui contiennent du graphène en raison de la toxicité de ce matériau synthétique.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV